La patience est une vertu ! Preuve en a été donnée à l’occasion de la manche de Coupe du Monde de VTT descente élite hommes des Gets, en Haute-Savoie. Au milieu des bruits de moteurs de tronçonneuses « déchainés », dans tous les sens du terme, la foule massée en nombre au pied de l’arrivée, et toute acquise à la cause des pilotes tricolores, a commencé à jouer des cordes vocales dans un mix de grave et aigu, à l’apparition en piste de Loïc Bruni. Superbe en pilotage, tout en attaque, le Champion du Monde, oscillait entre « ah » et « oh », sous l’œil avisé Fabien Barel, ancien porte-flambeau de la discipline en France. Il y avait de la grâce, de la rage, de l’engagement dans le pilotage du descendeur Specialized. Mais un autre y a mis encore plus d’engagement, un soupçon de tripes aussi, en plus, c’est Amaury Pierron qui a fait un run de « dingue » sous les yeux de son patron, Max Commençal, qui bougeait en tous sens dès que son athlète a passé le porche de départ. Les décibels sont également montés encore plus dans l’aire d’arrivée, et la folie a été plus qu’ambiante quand Amaury Pierron a passé la ligne. C’était une véritable liesse, un peu effervescente tout de même.

 

Une chose est certaine, la France qui a connu un petit creux en descente pendant quelques saisons, joue de nouveau dans la cour des grands avec de tops pilotes. Emmanuel Huber, l’entraîneur natonal de la discipline, au sein de la DTN de la FFC, n’y est pas pour rien, lui qui n’a jamais lâché même dans les années difficiles. Il a continué à travailler, former des jeunes. « La France a retrouvé une place de choix au sein de la hiérarchie mondiale en VTT descente, indiquait Amaury Pierron, car un pilote a tiré tout le monde vers le haut : Loïc Bruni. Moi, je me « battais » avec Loris Vergier qui est aussi un top pilote, et l’a prouvé et le prouvera encore, et à force de travail, je me suis rapproché d’eux. » Au point de les devancer désormais, et de décrocher des succès comme celui des Gets qui fera sans nul doute date au sein de palmarès. « C’était de la folie, les spectateurs ; je les entendais. Que c’est bon de se sentir soutenu par son public, de l’entendre. Cela m’a presque déconcentré par moments. J’ai fait des erreurs sur le parcours, parfois je glissais, je me demandais si mes pneus n’étaient pas humides tellement cela parlait. Je suis heureux de ce succès devant mon public. Mon temps à l’arrivée ? Ce que j’en pense. Je ne sais pas, franchement, je ne l’ai pas vu. (NDLR: 2 mn 57 sec 008 contre 2 mn 59 sec 360, pour Loïc Bruni) Je me suis écroulé dans la raquette après avoir passé la ligne d’arrivée. » La bataille sera-t-elle reportée la semaine prochaine à l’occasion des Championnats de France à l’Alpe d’Huez, « ce serait sans doute un peu plus cool avant la course, mais une fois sur la piste… » La bataille, tout en fair-play et en respect mutuel des uns et des autres, recommencera pour une nouvelle partition… au son des tronçonneuses ?

 

Hervé Bombrun