Huitième de la Vuelta 2014, Warren Barguil (Giant-Shimano qui deviendra Giant-Alpecin en 2015) espère être au départ du Tour 2015… qui débutera d’Utrech, en Hollande, pays où se trouve le siège social de son équipe. « Les premières étapes en ligne risquent d’être piégeuses, attention, indique à ffc.fr, le jeune coureur Breton. On va longer la mer du Nord, il va y avoir du vent sans aucun doute, des coups de bordures. Certains peuvent y perdre du temps, même le classement général là-haut. »Après cela les choses devraient rentrer dans l’ordre, même si certaines journées auront des allures de classiques comme cette arrivée au sommet du Mur de Huy, en Belgique, lieu où est jugé chaque année la Flèche Wallonne. « Ce sera une course de placement, cette étape, et notamment l’arrivée. » Et puis il y aura encore quelques secteurs pavés entre Seraing et Cambrai, ce qui donnera de nouveau un « air » de petit Paris-Roubaix à la Grande Boucle. « Les pavés, s’amuse Warren, cela n’inquiète que ceux qui n’aiment pas faire du vélo, quand on aime son sport, on en apprécie toutes les facettes, tous les reliefs, toutes les étapes, et on s’adapte ! Même si je suis un grimpeur, un poids léger, j’ai envie d’y aller, cela ne me pose pas de problèmes ! Le placement, le fait de frotter ne me fait pas peur, après je demanderai à John Degenkolb des conseils pour pouvoir les passer au mieux, et puis avec l’équipe on fera des reconnaissances. Ce n’est pas un souci, cette étape, pour moi. Cela ne me fait pas plus peur que ça.»
Frais, comme toujours, Barguil, on le sent à envie de mordre dans « son » premier Tour de France, notamment cette édition 2015 qui fera pendant plusieurs jours la part belle à ses terres Bretonnes. « A Mur de Bretagne, les routes sont plus larges qu’à Huy. Le placement jouera moins, mais cela peut-être un premier test pour les grimpeurs. Moi cela me plait, tout comme le fait de rester plusieurs jours en Bretagne. Le contre-la-montre par équipes avec l’arrivée à Cadoudal, sera dans sa grande majorité assez plat, et disputé sur de belles routes qui rendront bien. L’étape de Fougères peut-être difficile tout au long de la journée, cassante, cela peut-être un peu dur pour Marcel Kittel, mais pourquoi pas voir John y briller, surtout si l’arrivée est la même que pour le grand prix de Fougères ce serait bien de faire gagner les couleurs de l’équipe chez moi en Bretagne. Je pense d’ailleurs que si je suis sélectionné pour le Tour 2015 beaucoup de spectateurs me voir, m’encourager sur mes terres. »
Un Tour qui plait donc à ce coureur porté vers l’attaque, et qui est aussi très peu axé sur les chronos, puisqu’outre le contre-la-montre par équipes, seule une épreuve individuelle de quatorze kilomètres est programmée, le premier jour entre Utrecht et Utrecht. « Quatorze bornes de chrono, seulement, c’est un Tour taillé pour moi, rigole de bon cœur le jeune grimpeur de la formation Giant Alpecin. J’ai appelé la direction d’ASO pour leur demander de faire ainsi (rires !). Quatorze kilomètres, pour redevenir sérieux, c’est la distance que j’apprécie le plus sur un chrono. C’est court, c’est bien pour moi. » Axé grimpeur ce Tour connaîtra son épilogue -avec suspens à la clé, c’est sans aucun doute le souhait de Christian Prudhomme « excellent » maître d’œuvre encore une fois de ce tracé – à l’occasion de la montée de l’Alpe d’Huez, inscrite en guise de « feu d’artifice » la veille de l’arrivée sur les Champs-Elysées.« C’est nickel de terminer ainsi avant la remontée sur les Champs, s’enthousiasme Warren. Cela peut générer du suspense, c’est mieux de finir ainsi, au sommet d’un col mythique, que sur un contre-la-montre. Il peut encore y avoir, qui sait, de la course, du mouvement. L’étape sera en plus courte, donc très vive sans aucun doute dans son déroulé. Cela peut-être une journée intensive, l’idée de programmer l’Alpe d’Huez l’avant dernier jour, de la part d’ASO, est très bonne. J’aime beaucoup pour ma part. » Et quand le jeune Barguil aime !

Hervé Bombrun