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Eric Fottorino
Crédit photo : Delphine Ghosarossian / France Télévisions

Journaliste, romancier, ancien coureur de bon niveau chez les jeunes, Éric Fottorino remplace cet été sur l’antenne de France Télévisions, Jean-Paul Ollivier dit Paulo « la science ».

 

 

Eric Fottorino est entré dans le monde du Tour de France comme beaucoup de français par une sorte de communion de famille réunissant petits et grands. Cette « plongée » dans le bonheur a débuté pour lui voici quarante-ans, avec pour décor la maison familiale de ses grands-parents dans les Landes, à Dax. «Il faisait chaud, on fermait les volets, et à l’intérieur il n’y avait qu’une source de lumière, raconte-t-il si joliment à France Cyclisme, c’était la télé ! Un vrai rituel. C’était le début des années 70. » Les années Eddy Merckx, et des coureurs qui commençaient à faire trembler le « Cannibale », Luis Ocana et Bernard Thévenet. « Le Tour c’était pour le jeune enfant que j’étais comme un film à suspense, avec un épisode diffusé chaque jour. » Une saga même d’une année sur l’autre, avec des grands rôles toujours redistribués histoire de ne jamais s’ennuyer ! « Une fois que l’étape était terminée, mes grands-parents faisaient de nouveau entrer la lumière dans la maison, en ouvrant les volets. » Le petit Éric ne tenait plus, et prenait alors son vélo, comme nombre d’enfants le font pour « rejouer » l’étape, à leur manière. « On jouait aux champions avec mes copains de l’époque, on se donnait des rôles, qui était Merckx, qui était Thévenet, qui était un autre. Et nous avions des sensations de course, j’avais 12-13 ans, on était dans les années 75. Je possédais un vélo demi course, comme on disait à cette période, et avec mes amis, la côte de Chalosse était notre Tourmalet. »

 

 

Champion de France universitaire sur piste

 

La flamme du cyclisme a été si forte chez Éric Fottorino qu’il a signé une licence à la Fédération Française de Cyclisme. « J’ai couru des rangs cadets à juniors, précise-t-il à France Cyclisme, et gagné environ dix courses. Des épreuves de niveau régional pour l’essentiel. J’ai même été sacré champion de France universitaire en poursuite et en course aux points ». Ses études lui feront quitter temporairement la route et la piste. Il fera successivement des études de droit, et sciences-po, puis débutera son parcours dans la presse par le quotidien Libération. Mais le cyclisme reste sa passion. Il fera d’ailleurs une année le Midi-Libre avant les coureurs, puis en 2013 monte l’opération, « Tour de fête ». « J’avais organisé un Tour de France pour des jeunes, issus de la diversité que ce soit de part leur couleur de peau ou origines mais aussi de leur lieu de résidence, campagne vs ville ou cités, garçons ou filles. Un Tour de France solidaire en quelque sorte. David Moncoutié était avec nous. Il réglait l’allure, donnait des conseils aux jeunes, les motivaient en leur disant qu’ils étaient capables de le faire. Cela a été une belle aventure cette opération ». Des moments forts qui ont permis aux liens de se créer, car le cyclisme offre cette opportunité, puisque c’est un sport solidaire. « On a gardé le contact depuis, résume le journaliste-romancier. J’ai créé un journal, «Le 1 hebdo », et j’ai embauché deux jeunes qui ont participé à cette aventure. » Car Éric Fottorino n’est pas qu’un homme de mots, et il l’est aussi d’actes et de paroles.

 

 

 

2015, son 1er Tour

 

Et d’ailleurs « parole » lui sera donnée cet été sur l’antenne de France Télévisions aux côtés de Thierry Adam et Laurent Jalabert. Éric Fottorino commentera le tout premier Tour de France de sa carrière, à la place de Jean-Paul Ollivier. « J’ai une petite appréhension car je n’ai jamais fait ça, j’ai effectué un gros travail de préparation en amont car ce n’est pas rien que de succéder à Jean-Paul Ollivier. Il faut bien connaître l’histoire, les lieux que le Tour va traverser, l’histoire de la course, les coulisses de l’épreuve, tel ou tel évènement, les lieux historiques aussi. Je travaille pas mal, y compris en consultant mes livres qui traitent du cyclisme. » Et notamment ceux qui relatent la victoire de Thévenet sur le Tour 75, « quand j’étais enfant, déclare-t-il, j’avais trois posters dans ma chambre : Merckx, Coppi et Thévenet. J’ai toujours aimé Bernard Thévenet qui était un coureur volontaire, robuste. Sa victoire sur le Tour 75 avait été merveilleuse. Je me rappelle l’avoir croisé après sa deuxième victoire sur le Tour sur un critérium à Saintes, en 77, j’avais pu rouler quelques mètres avec lui. Il m’avait signé un autographe. » Le bonheur a l’état pur pour le jeune Éric Fottorino, comme nombre d’enfants qui sont amenés à croiser de grands coureurs cyclistes…

 

 

 

Hervé Bombrun