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Bernard Bourreau
Crédit photo – FFC Patrick Pichon

Équipier de Bernard Thévenet cette année sur le Tour, Bernard Bourreau* raconte sa journée sur cette étape pour France Cyclisme.

 

« C’était mon deuxième Tour, et cette étape qui arrivait à Pra-Loup est intervenue au lendemain du deuxième jour de repos à Nice.

 

Il y avait cinq cols à gravir dans la journée, dont un inédit le celui des champs avec le goudron qui fondait sur la chaussée. J’avais accompagné Bernard jusque-là, justement, et après je m’étais retrouvé ensuite avec deux de nos coéquipiers. Le public nous a alors annoncé au pied de la montée du col d’Allos que Bernard était le nouveau maillot jaune du Tour de France. Nous étions acclamés comme jamais, nous, les coureurs Peugeot ce jour-là. Je n’ai pas ressenti la fatigue lors de la montée sur Pra-Loup, j’avais les poils dressés tout droit sur les bras pendant toute l’ascension. Le soir on avait fêté le maillot de Bernard tranquillement. Merckx n’allait pas s’avouer vaincu comme cela. Il avait gagné le Tour 74, et là à Pra-Loup la perte de son maillot était due à une fringale, car il était parti devant dans Allos. Le lendemain, d’ailleurs, il nous a attaqué dans la descente du col de Vars. Il était parti à bloc comme il avait fait pour Ocana (avec un « n » à l’Espagnol svp avec un accent dessus, merci, un tilde). Merckx était un coureur qui ne s’avouait jamais battu. Une attaquant racé. Nous l’avons laissé partir, il avait pris un peu d’avance, mais il était seul. Nous, nous avions dit à Bernard de ne pas s’affoler que nous allions assurer la descente pour lui, qu’il devait rester dans nos roues. Bernard a bien géré cette étape de Serre-Chevallier puisqu’au final, comme la veille il s’est imposé. ».

 

*Sélectionneur national pour l’équipe de France aux Championnats du Monde et Jeux Olympiques.