Sélectionneur National Femmes – Paul Brousse :

Sélectionneur National Femmes – Paul Brousse :




Le Directeur Technique National de la Fédération Française de Cyclisme, Christophe Manin, officialise la nomination, du nouveau sélectionneur National élite route Femmes, pour les Championnats d’Europe, du Monde et les Jeux Olympiques. Interview.

 

France Cyclisme : Paul, qu’est-ce qui vous a poussé à vous porter candidat pour le poste de Sélectionneur National élite femmes à la FFC ?

Paul Brousse : « J’ai été durant quatre ans le directeur-sportif de l’équipe UCI femmes, Poitou-Charentes-Futuroscope 86 à l’époque, qui par la suite est devenue FDJ-Nouvelle Aquitaine- Futuroscope. J’ai ensuite décidé de stopper cette activité pour former des cadres en cyclisme au CREPS de Poitiers, mais le terrain et le haut-niveau et le cyclisme féminin ont fini par me manquer. »

 

 

 

 

 

FC : Comment en êtes-vous arrivé à diriger une équipe féminine ?

PB : « J’ai obtenu après ma carrière sportive un diplôme d’état qui m’a permis de devenir directeur-sportif, et dans la même année, un poste s’est ouvert au sein de l’équipe Poitou-Charentes-Futuroscope 86. J’ai donc naturellement postulé, et c’est moi qui ai été retenu. Je suis de Poitiers, et cela s’est fait assez naturellement ».

 

FC : Vous avez été professionnel chez Roubaix-Lille Métropole, mais aussi en Italie, cette double expérience professionnelle vous apporte quoi aujourd’hui, ce vécu vous permet de transmettre aux cyclistes féminines ?

PB : « Ce fut deux expériences très enrichissantes, car j’ai pu courir au très haut-niveau. Personnellement, je ne fais pas de différence entre les cyclistes hommes ou les cyclistes femmes, je considère juste que ce se sont des coureurs cyclistes avant tout, même si certains paramètres entre les deux sexes sont différents, notamment lors des compétitions, mais en revanche les items sont identiques. Il faut-être devant pour essayer de faire quelque chose sur les courses que l’on soit des hommes ou des femmes, pour attaquer on doit le faire de l’arrière. Les grands principes sont les mêmes.
Après, en ce qui concerne ma carrière chez les pros, elle m’a apporté l’approche et la connaissance du haut-niveau, notamment en Italie, où j’ai pu découvrir une autre culture. En effet dans ce pays le cyclisme est quasiment érigé au rang de dogme. Cette richesse que j’ai en moi, je la retransmets aujourd’hui à travers mon poste d’éducateur sportif ».

 

FC : Vous allez retrouver au sein de l’équipe de France, Cyrille Guimard, sélectionneur national des hommes, qui fut votre entraîneur et directeur-sportif lorsque vous étiez chez Roubaix-Lille-Métropole…

PB : « Oui, effectivement. Cyrille est un quelqu’un pour lequel j’ai beaucoup de respect. Je pense d’ailleurs que c’est mutuel. Il a été mon entraîneur, mon directeur-sportif chez les pros à Roubaix. Il a fait aussi quelques courses avec moi lorsque j’étais directeur-sportif avec Poitou-Charentes Futuroscope. J’ai toujours gardé de très bons contacts avec lui. Je m’inspire beaucoup de lui, car il a su garder beaucoup de fraîcheur, et, puis, son expérience ne peut que nous servir, notamment en termes de management. Il a énormément étudié sur les biorythmes, les sportifs et il est toujours dans le « jeu », selon moi, au niveau de l’évolution de notre sport. Cyrille, c’est une personne ressource, et je suis très content de me retrouver à ses côtés ».

 

FC : Cela facilite de suite la cohésion de groupe ?

PB : « Oui, comme, il le martèle depuis sa prise de poste : il n’y a pas des équipes de France, mais une seule équipe de France ! Je suis totalement d’accord avec lui, les règles mises en place pour les athlètes sont les mêmes que l’on soit juniors, espoirs, professionnels, ou femmes ! Quand on est en Équipe de France, on représente notre nation. On a un devoir de bien faire, de se montrer exemplaire, que l’on soit athlète ou que l’on soit membre du staff. On doit-être irréprochable. Je partage son avis de besoin d’unité au sein de l’équipe de France ».

 

FC : Qu’elles seront les objectifs de l’équipe de France élite femmes ?

PB : « Les gros objectifs à court terme se seront les Championnats d’Europe et du Monde, après à moyen terme les Jeux de Tokyo, puis à plus long terme ceux de Paris en 2024. Nous avons une très belle équipe de France élite actuellement avec un noyau fort composé de Pauline Ferrand-Prévot, Audrey Cordon-Ragot, Aude Biannic, Juliette Labous, Roxane Fournier, Pascale Jeuland, toutes deux sprinteuses en cas d’arrivée au sprint. On a aussi une belle relève en juniors et espoirs, et là, je vais travailler main dans la main avec l’entraîneur national, Julien Guiborel qui a en charge toute cette génération. Tous les deux nous allons travailler de concert afin de les amener vers le plus haut-niveau sur le long terme ».

 

FC : Et en termes de performance, ou le curseur peut-il être placé ?

PB : « Je pense que l’on peut légitimement espérer des médailles, voire des titres avec l’équipe de France élite femmes. Glasgow c’est a priori un circuit urbain avec des zones pavées montantes, donc, à voir si c’est réellement pour les sprinters. Innsbruck c’est dur, donc Pauline a toute légitimité pour espérer le titre de Championne du Monde, une médaille, surtout qu’elle a cette course aussi dans le coin de la tête. Tokyo le parcours est annoncé dur, et là encore avec Pauline on peut espérer décrocher l’or, sans oublier Audrey, qui progresse années après années sur le chrono. Elle se rapproche du noyau des 10-15 filles qui se partagent les victoires tout au long de l’année. Juliette Labous promet, également. Elle a fait une superbe première saison Espoirs avec Sunweb, je sais aussi que des choses sont mises en place pour le chrono au sein de la fédération, et qu’elle va pouvoir en bénéficier. Très vite, Juliette peut prétendre à jouer les premiers rôles dans cette discipline. »

 

 

 

Recueilli par

Hervé Bombrun