sam-dumoulin_1Comment s’est passé la course, Samuel ?

Je ne savais pas trop. C’était vraiment rapide comme course, il n’y a pas eu de temps morts, différents des épreuves de Coupe de France que l’on peut disputer ici chaque année. Je ne savais donc pas si j’allais coincer à 400, 500, 600 mètres. Si cela allait lancer le sprint dès le pied. Tony voulait attaquer, je lui ai dit vas-y, je ferais mon sprint en m’appuyant sur les autres. Mais je lui ai dit aussi reste au contact, et appuie-toi sur un attaquant parce qu’avec le vent, il ne faut pas prendre l’initiative. Et j’ai dit aussi à Julian de suivre, en lui précisant que l’on ne savait pas ce qui pouvait se passer et qu’il devait rester lui aussi contact.

 

Et finalement, vous étiez là vous aussi ?

Oui tout le monde était cuit, et je suis moi aussi resté au contact finalement, mais personne pour emmener. Il n’y avait pas beaucoup de vitesse au sein du peloton, ce n’est pas le tour qui est monté le plus vite le dernier. Je suis là, je suis au contact, je me retrouve dans la roue à Julien mais avec le vent de dos on reprend de la vitesse, et voilà. La victoire de Sagan est indiscutable, il est au-dessus du lot. C’est énorme pour l’équipe de France de décrocher une médaille d’argent, le seul petit truc c’est qu’il me manque un mec pour monter sur la « boîte » avec Julien, et cela aurait été tout simplement génial.

 

Mais vous êtes néanmoins satisfait ?

Oui car nous avons donné une belle image de l’Équipe de France, et c’est quelque chose d’important. Nous n’avons pas commis de fautes, on a été offensifs, solidaires. Nous avons montré une belle image du vélo Français en étant à la hauteur, on a rempli notre objectif car perdre derrière un coureur comme Sagan il n’y a rien à dire. J’ai eu peu le même sentiment que quand je suis au pied sur le podium des Champs et que Romain fait 2e derrière Froome. Quand des champions dominent le cyclisme à ce niveau, il n’y a pas de regrets à avoir, juste que pour moi c’est ce petit mètre qui manque. Mais je fais partie de l’élite continentale, j’avais bien préparé ce rendez-vous et je démontre que je suis à un très haut-niveau cette année.

 

Votre rôle de capitaine de route, vous a-t-il plu également ?

J’ai essayé de motiver les gars, je leur ai parlé deux fois avec mes tripes, et je pense que le message est bien passé. J’adore faire cela, je me plais. Je suis aussi quelque part chef d’entreprise puisque sur Chambéry je vais ouvrir une boulangerie avec mon frère, les Dumoulin, j’ai donc aussi une casquette de chef d’entreprise, et c’est un rôle que je vais endosser de plus en plus dans les années à venir. Mais le faire ainsi avec des coureurs c’est génial, car ils sont à l’écoute, respectueux et ne cherchent pas à polémiquer. C’est naturel, et je pense que l’on peut être fier de notre résultat. Moi en tout cas je suis fier d’eux. Je suis content d’avoir rempli ce rôle et d’avoir participé à cette grande fête du vélo. 

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon