Quelle victoire ! C’est en effet un peu plus qu’un succès que Victoire Berteau est allée chercher sur les routes de Gand-Wevelgem, à l’occasion de la deuxième manche de Coupe des Nations UCI juniors femmes 2018. Elle qui a connu une année 2017 plus que noire. C’est en quelque sorte un supplément d’âme que lui a redonné ce succès. « Cela marque le tournant de ma saison 2017, de cette saison difficile, détaillait-elle. C’est la fin de cette année noire, et le début d’un nouveau cycle ».

Noir est en effet le terme approprié pour définir l’exercice 2017 qu’a connu la jeune sociétaire du comité régional des Hauts-de-France. Son nom a plus alimenté les bulletins médicaux que les feuilles de résultats des épreuves cyclistes. Elle détaille : « Un coude cassé sur une manche de Coupe des Nations, luxation de la clavicule gauche sur les Championnats de l’Avenir, lors du chrono, et fracture de la clavicule à l’occasion des Championnats de France sur piste ». Une liste de blessure qui fait mal rien qu’à en lire son déroulé, mais aujourd’hui, ces heures tristes et douloureuses sont derrière Victoire Berteau, laquelle savoure pleinement la réussite qu’elle a obtenu à Gand. « Remporter une manche de la Coupe des Nations ne procure pas la même sensation que gagner le Championnat de France, dit-elle encore. Un titre permet d’entendre la Marseillaise, on porte en plus le maillo de championne de France durant t toute l’année. Mais s’adjuger une manche de Coupe des Nations reste fort car on a gagné une épreuve internationale, sur Gand-Wevelgem, on était 160. La joie est un peu plus forte, mais on ne peut comparer ni différencier les deux ».

Une joie forte mais qui ne bercera pas Victoire Berteau pendant des semaines et des semaines, car la jeune Picarde veut continuer à garnir son palmarès. « Mon ambition sera de briller la semaine prochaine sur la manche de Coupe de France du Mont-Pujols, et sur la Coupe du Monde, le circuit de Borsele, après les Coupe de France de mi-saison,  je focaliserai la fin de celle-ci avec les Championnats d’Europe route, et le chrono des Championnats du Monde, sans oublier le mondial juniors piste au mois d’août ».

Une saison 2018 que Victoire souhaite donc bien remplie, « dans le but d’intégrer une équipe professionnelle élite femmes, et pourquoi pas dès l’an prochain, souligne-t-elle. Je n’ai pas encore de contacts, mais j’espère y parvenir. Le cyclisme féminin se développe de plus en plus, il y a des signes forts et qui ne trompent pas. Par exemple, nous les juniors, même si notre course n’arrivait pas à Wevelgem, les organisateurs de cette épreuve nous ont fait venir dans cette ville pour faire une photo avec tous les vainqueurs de cette épreuve, y compris les pros comme Peter Sagan, Élia Viviani et Arnaud Démare. J’ai pu échanger à ce moment-là avec Arnaud qui est Picard comme moi ! »

 

Hervé Bombrun