Jeux Olympiques de Tokyo 2020 – Cyrille Guimard

Sélectionneur national de la Fédération Française de Cyclisme, pour les Championnats du Monde et les Jeux Olympiques, Cyrille Guimard détaille pour France Cyclisme, le parcours en ligne des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. « Je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont accueillis au Japon, car elles ont été courtoises et bienveillantes à notre égard, et nous ont permis de repartir avec des informations intéressantes », déclare d’emblée le Nantais. Analyse avec lui du tracé des Jeux 2020.

 

France Cyclisme : Peux-tu nous décrire les grandes lignes du parcours en ligne des Jeux de Tokyo, Cyrille ?

Cyrille Guimard : « Il change totalement de ceux que nous avons rencontrés de manière générale ces dernières. Auparavant nous avions un circuit, avec X tours à faire, et éventuellement en amont une partie en ligne, et donc des repères faciles à trouver pour les coureurs puisque le circuit à effectuer revenait de nombreuses fois. Là, il s’agit tout simplement d’une course en ligne. On part, en effet, de la banlieue de Tokyo- d’un grand parc de sport- et après les coureurs auront à effectuer entre soixante à quatre-vingt kilomètres qui les emmènera sur trois boucles à parcourir. »

 

FC : Le parcours en détail est de quel type ?

CG : « Comme c’est une épreuve en ligne nous avons dû, Emmanuel Brunet, responsable de filière route à la DTN de la FFC, et moi le reconnaître en détail. Il s’agit un tracé difficile, c’est une certitude car pour arriver au Lac Yamanakako, il y a presque 1000 mètres de dénivelé sur une distance de 50 kilomètres ! Les coureurs vont faire ensuite le Tour du Lac au pied du Mont Fuji, puis de là, ils auront deux grandes boucles à couvrir, la première arrivera sur le « Speedway », le circuit de Formule 1, où l’arrivée sera jugée. Ils devront monter ensuite pendant plusieurs kilomètres. Puis, ils referont le tour du circuit automobile, et de là ils repartiront sur une autre boucle. »

 

FC : Qui est comment ?

CG : « Très technique là encore avec des montées de 3 à 4 km proposant des pourcentages différents. Ces bosses sont toutes sauf régulières. Une fois cette boucle terminée, les coureurs devront redescendre sur le circuit automobile, et ils repartiront à l’envers de ce qu’ils avaient fait en quittant le lac de Yamanakako. Il y a là, une longue bosse, avec une descente très technique. Une fois revenus au lac, les coureurs repartiront vers une autre route qui les ramènera sur le circuit automobile. Les Jeux comme à chaque fois c’est une approche différente, en ce qui concerne la maîtrise de la course, notamment par rapport à un championnat du Monde, compte tenu du fait que les nations les plus fortes peuvent aligner sur cette course entre quatre à cinq coureurs au maximum. Une chose est acquise, le parcours de Tokyo 2020 en tout cas est difficile avec une descente de 13 à 15 % à un moment et des routes étroites. C’est un circuit très technique, on aura besoin de le revoir et de l’appréhender au mieux avec les coureurs en amont afin d’avoir aussi un retour terrain de leur part. Mais ce que d’ores et déjà je peux dire de suite : c’est qu’il n’y aura pas de sprinters au départ ».

 

FC : Et pour le chrono ?

CG : « Les parcours ne sont pas encore fixés. Pareil pour la route, sur certaines portions pour des raisons de circulation il peut y avoir des modifications. En ce qui concerne les chronos, il faut aussi savoir que nous sommes dans une région de montagne. Il n’y aura donc pas trente-six solutions possibles. On sait à peu près où ils peuvent être tracés. Nous avons donc une vision à peu près générale de ces parcours, et là encore ils ne seront pas faciles, a priori. Mais ce ne sera pas non plus des parcours scabreux de dénivelé, même si nous sommes au pied du Mont Fuji. D’ailleurs, cette région du Japon s’apparente pour au massif des Vosges, sans y inclure bien sûr le ballon d’Alsace. En conclusion le parcours de Tokyo des Jeux de 2020 est intéressant, et innovant dans sa configuration ».

 

 

Hervé Bombrun