Champion reconnu, l’Alsacien, Thomas Voeckler a été nommé manager de l’équipe de France route élite hommes professionnelle, en remplacement de Cyrille Guimard qui a apporté à la France une belle deuxième place l’an passé à Innsbruck avec Romain Bardet.

 

L’allure svelte et déterminée, Thomas Voeckler a rejoint Michel Callot, président de la FFC, et Christophe Manin, DTN. L’ancien maillot jaune a pris place entre les deux hommes forts de la Fédération Française de Cyclisme afin d’endosser le costume de manager de l’équipe de France élite professionnelle hommes. « C’est une très grande fierté pour moi, indiquait-il. J’arrive avec un sourire jusqu’aux oreilles. J’ai toujours déclaré que cette fonction m’intéressait après ma carrière, mais je voulais prendre un peu de distance avant d’endosser ce rôle. J’ai pris le recul nécessaire depuis, et maintenant je me sens prêt pour cela. J’ai aussi voulu montrer que pendant deux ans j’avais une vie en dehors de l’équipe à laquelle j’ai appartenu durant toute ma carrière. » Durant sa brève allocution, l’ancien maillot jaune du Tour a exposé son « attachement à l’équipe de France, au maillot tricolore. J’ai couru sous ses couleurs en Espoirs, mais aussi chez les pros, sous la conduite de Frédéric Moncassin et de Laurent Jalabert. L’équipe de France c’est trois rassemblements dans l’année, les saisons Olympiques. Le ciment de l’équipe de France pour moi c’est le relationnel que l’on peut entretenir avec les coureurs, les managers d’équipe, les entraîneurs. Il faut avoir un relationnel fort avec toutes ces personnes, mais notamment les coureurs. On possède en France une super génération avec des possibilité de gagner sur tous les terrains ». Son credo sera le travail d’équipe. « Avec les groupes sportifs bien sûr, mais aussi avec la fédération, les cadres techniques en place. L’équipe de France pro c’est trois fois l’an, mais derrière il ne faut pas oublier le reste de la pyramide et qui a fait ce que nous sommes devenus, grâce au travail en amont des cadres de la FFC chez les Espoirs, les juniors et dans les catégories encore plus jeunes. Je suis convaincu que l’équipe de France professionnelle doit venir se greffer à la Fédération, aux cadres en place, à son mode de fonctionnement, en amenant de l’expérience. Moi je sais ce qu’est le milieu pro, mais je ne vais pas arriver en déclarant : je vais commander, cela va être ainsi. C’est une collaboration, et je compte vraiment m’appuyer sur les cadres en place au sein de la FFC. Je suis convaincu que l’on travaille beaucoup mieux en allant tous dans le même sens, et le jour où il y aura un résultat tout le monde ainsi s’en sentir propriétaire, du mécano à l’assistant, en passant par l’intendant, le DTN, le président. C’est à mon sens ainsi que l’on peut réaliser les plus belles performances ».

Autre axe fort de sa volonté, « Thomas Voeckler ne souhaite pas se mettre en avant via son nouveau poste, je n’ai pas besoin de notoriété, je le dis sans forfanterie. Je ne me dis pas je vais manager de l’équipe de France, c’est bien, on va parler de moi, cela va me faire de la pub. Ce n’est pas ce que je suis venu chercher. Ce que je veux c’est vibrer avec mes coureurs de l’équipe, et que tout le monde vibre avec nous, que le public soit fier de nous tous, de l’image que l’on va dégager, après les résultats viendront dans un deuxième temps. Il y aura une nouveauté en 2020, un contre-la-montre mixte, et je trouve cela très bien, cette promotion du cyclisme féminin. Je crois qu’il est important que l’équipe de France élite hommes professionnelle s’attache de mettre en avant l’ensemble des catégories, et les femmes aussi, car elles le méritent. On a un beau réservoir chez les filles, et en concertation avec le sélectionneur, les entraîneurs de l’équipe de France femmes, il se peut que nous mettions quelques actions en place. » La méthode Voeckler est en route.

 

 

Hervé Bombrun