Brillant sur les routes du Tour d’Espagne, une victoire d’étape, et une 11place au classement général final à Madrid, Tony Gallopin (Ag2r-La Mondiale) représentera la France la semaine prochaine au mondial sur route UCI d’Innsbruck.

 

France Cyclisme : Que représente à tes yeux l’Équipe de France, Tony ?

Tony Gallopin : « C’est une structure importante pour moi depuis mes années juniors, en fait. J’ai en effet rarement effectué une saison depuis 2005 sans participer à un championnat d’Europe, du Monde ou aux Jeux Olympiques. J’ai souvent été sélectionné en Équipe de France que ce soit dans les jeunes catégories, ou chez les professionnels, et à chaque je suis très heureux et honoré de porter le maillot de l’équipe de France. Il s’agit pour moi sélection après sélection d’un moment toujours aussi spécial et je crois que jamais je ne m’en lasserais. Cela me fera toujours un petit pincement au cœur au moment d’enfiler ce maillot ».

 

FC : Tu as connu deux podiums aux Championnats du Monde juniors, sous la conduite de Pierre-Yves Chatelon, quels souvenirs gardes-tu de ces instants ?

TG : « Cela peut paraître très loin mais cela reste aujourd’hui encore un grand souvenir. Cette année junior a été spécial pour moi car en quelque sorte elle a été le déclic. Elle m’a démontré en quelque sorte la possibilité que j’avais de faire une carrière. On sait que lorsque l’on commence à obtenir des résultats avec l’équipe de France chez les juniors, on va faire quasiment toute l’année au sein de ce groupe. On sait que c’est le début de peut-être une grande aventure. C’est toujours spécial de monter sur un podium, surtout quand il s’agit d’un Championnat du Monde. Marcel Kittel avait été sacré sur le chrono, et Diego Ulissi sur l’épreuve en ligne. J’ai retrouvé aussi récemment le classement de cette épreuve et j’ai pu voir que de nombreux coureurs sont aujourd’hui encore dans les rangs professionnels. C’est assez révélateur. Oui, j’ai encore des contacts avec eux ».

 

FC : Le fait que Cyrille Guimard te désigne comme titulaire dès sa première liste de coureurs retenus pour Innsbruck, c’est pour toi, une belle marque de confiance ?

TG : « Une belle marque de confiance et à la fois une surprise. En effet, Cyrille Guimard m’a annoncé ma sélection pour le Championnat du Monde sur route d’Innsbruck au départ de la Vuelta, alors qu’avant cette course ma saison avait été compliquée. Je l’avais eu plusieurs fois au téléphone avant mon départ pour le Tour d’Espagne, et il m’avait fait comprendre qu’il comptait sur moi. Moi aussi, j’avais ce mondial à l’esprit. Quand je suis parti sur le Tour d’Espagne j’étais vraiment en recherche de résultats et de sensations, et le fait que Cyrille Guimard m’annonce ma sélection pour le Championnat du Monde sur route 2018 en Autriche, cela a été à mon égard une belle marque de confiance de sa part. Cela voulait dire qu’il comptait vraiment sur moi afin que je joue un rôle au sein de cette équipe de France élite professionnels. Cela m’a donné de la confiance, et maintenant avec la Vuelta que je viens de réaliser cela me rassure vraiment. »

 

FC : As-tu échangé à propos de ce Mondial avec Romain Bardet ?

TG : « On l’a fait souvent au cours de la saison, oui. J’ai toujours su que cette course depuis le début de l’année était très importante pour Romain. Lorsqu’on était en début de saison, ou que l’on préparait le Tour de France, je savais que Romain avait aussi ce Championnat du Monde en tête. Il m’en parle depuis longtemps ».

 

FC : Quels sont pour toi les grands favoris de ce Mondial, et sur cet échiquier où places-tu l’équipe de France ?

TG : « je pense que l’équipe de France fait partie des nations importantes pour ce Championnat du Monde, avec Julian Alaphilippe, Thibaut et Romain Bardet nous avons au sein de l’Équipe de France des coureurs qui sont capables d’être sacrés Champions du Monde. On sait aussi que d’autres nations peuvent prétendre à la victoire, et afficher des ambitions légitimes. Je sors du Tour d’Espagne, et c ce pays, justement avec Alejandro Valverde, mais aussi la Colombie avec nombre de coureurs impressionnants, ou la Grande-Bretagne avec les frères Yates, peuvent espérer s’imposer en Autriche. La France n’est pas la nation favorite, mais il est clair que nous partons dans le but de jouer un rôle important à Innsbruck ».

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon