Route – Équipe de France – Championnats d’Europe – Glasgow – Élite hommes – Pierre-Luc Périchon

Route – Équipe de France – Championnats d’Europe – Glasgow – Élite hommes – Pierre-Luc Périchon

8des Championnats d’Europe de Glasgow 2018, le coureur de Fortunéo-Samsic a réussi à se glisser dans l’échappée décisive qui a pris corps à cinquante bornes de l’arrivée, avec à son bord deux Italiens, Cimolai et Trentin, le lauréat de l’épreuve, mais aussi les jeunes et talentueux, Mathieu Van Der Poël (2e) et Wout Van Aert (3e) qui étaient accompagnés chacun d’eux d’un autre coureur des Pays-Bas et de la Belgique. Le rapport de force a fait la différence…

 

France Cyclisme : Tu as pris la bonne échappée, et sur la fin, la cassure de la chute te fait perdre le contact. Il ne t’a manqué grand-chose, Pierre-Luc…

Pierre-Luc Périchon : « J’étais un peu court physiquement, et lors des deux derniers tours, j’ai essayé de ne pas rouler. C’est tombé à la sortie du parc, et j’ai été gêné par la chute. Je n’ai jamais réussi à boucher le trou, et pourtant nous nous y sommes à plusieurs pour essayer d’y parvenir. Le seul qui a réussi c’est Xandro Meurisse. On a chassé tout le dernier tour. »

 

FC : Un dernier tour difficile, donc…

PLP : « Oui. J’ai chassé tout au long de ce dernier tour de course. Je n’ai même pas pu sprinter à la fin, je n’en avais plus la force. J’ai été à la limite des crampes en pus sur la final. Je suis resté à ma place. Je dois me classer 6 ou 7e(NDLR : il est finalement 8e). C’est incroyable en fait car je suis malade depuis lundi. J’ai comme une sorte de bronchite. Je n’ai quasiment pas dormi, et quand je suis allé devant, c’était afin de soulager mes coéquipiers de l’Équipe de France afin qu’ils n’aient pas à rouler, faire des efforts. C’était compliqué le final, je suis quand même heureux du résultat, et à la fois déçu de ne pas avoir été en capacité de faire mieux pour les copains. Mais j’ai tout donné ».

 

FC : Il y avait en plus face à toi deux Belges, deux Italiens, deux coureurs des Pays-Bas…

PLP : « Oui, c’était compliqué. Il y a qui se sont éliminés sur la chute, un Belge et un Hollandais, et dans le final ne restait en supériorité numérique que les Italiens avec Trentin, le vainqueur, et Cimolai. Cela s’est longtemps regardé du coup, et on est resté pas loin d’eux. A quatre, cinq secondes… Mais je n’ai pas de regrets à nourrir car si nous étions rentrés, je ne sais pas si j’aurais pu faire mieux que ce que j’ai fait. J’aurais peut-être gratté quoi, peut-être une ou deux places, mais c’est tout ».

 

FC : Les conditions météos ont été terribles durant toute la journée…

PLP : « C’était de la pluie toute journée, donc usant, nerveux et difficile sur ce plan-là. Après ce n’était pas très dangereux, et nous avons réussi à courir placés toute l’équipe de France, et Samuel Dumoulin a été un super capitaine de route durant toute la compétition. Il nous a boosté, placé toute la journée, à souligner aussi le gros travail d’Angelo qui a roulé devant afin que l’équipe de France soit respectée à l’arrière. On a fait une belle course, a donné notre maximum. Après je n’étais peut-être pas la meilleure carte, mais le destin de la course a fait que c’est moi qui me suis retrouvé devant sur le final. C’est comme cela, c’est le sport. La pluie a rendu la course très nerveuse, cela a roulé très fort, et il y avait 230 kilomètres avec de mauvaises conditions météos. Je suis satisfait sur le plan personnel, un peu déçu au niveau collectif car je pense que l’équipe avait de meilleures chances aujourd’hui. Mais la course est ainsi. On ne va pas la refaire, en tout cas moi je ne peux c’est clair (rires !)… »

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon