Sociétaire de l’équipe Saint Michel-Auber 93, Yoann Paillot défendra les couleurs de la France lors des Championnats du Monde contre-la-montre professionnel à Innsbruck. Entretien

 

France Cyclisme : Quel souvenir gardes-tu de ta médaille d’argent obtenu sur les Championnats du Monde Espoirs du chrono, à Florence en 2013 ?

Yoann Paillot : « Je garde bien évidemment un excellent souvenir de cette compétition même si je n’ai pas obtenu ce jour-là le titre de Champion du Monde. Cette place de deuxième quelque part était déjà inespérée. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je serais médaillé d’argent sur un Championnat du Monde du contre-la-montre. C’était un moment spécial, je me rappelle que je regardais le coureur à côté de moi qui avait le maillot arc-en-ciel sur les épaules (NDLR : l’Australien Damien Howson). Mais , très vite, on se dit que ce que l’on a réalisé est fort puisqu’on est le deuxième meilleur au monde sur ce chrono. J’ai vraiment apprécié ce moment-là. Ce podium avait une saveur très particulière. »

 

FC : Comment prépares-tu, Yoann, ce mondial élite professionnels du contre-la-montre en Autriche ?

YP : « Je fais toujours la même chose depuis que j’ai commencé à performer sur les chronos, je les prépare en roulant derrière scooter. La semaine d’ailleurs durant ces périodes-là je ne roule que sur le vélo de chrono. Je ne me prépare que pour cela. Je cours ensuite le week-end. Hier soir d’ailleurs, j’ai eu Cyrille Guimard au téléphone, qui m’a demandé comment j’allais, et où j’en étais de ma préparation. Cyrille ne me met pas la pression. J’ai disputé les Championnats d’Europe, avec lui comme sélectionneur cet été, et je sais à quoi m’en tenir. Si je n’avais pas chuté, à Glasgow, j’aurais pu faire entre dix et onze. Il ne manquait en fait, comme l’a souligné Cyrille, en Écosse, quasiment que deux coureurs Rohan Dennis et Tom Dumoulin ».

 

FC : Justement après les Europe, Cyrille Guimard t’a sélectionné pour les Monde en Autriche, sens-tu une certaine confiance à ton égard de sa part ?

YP : « Oui. Cyrille a vu que j’étais capable de faire un bon résultat, à Glasgow, surtout en ayant peu couru au mois de juillet. Il n’y avait devant moi que des cadors qui pour la plupart sortaient du Tour de France. Il m’a manqué sur ce Championnat d’Europe 2018 de pouvoir pousser une ou deux de plus afin de pouvoir espérer mieux. Là, je sens que depuis le mois de juillet, je monte en progression. J’enchaîne les courses et les bons résultats, je viens justement de terminer 3edu classement général du Tour du Poitou-Charentes. Je vais monter en pression jusqu’aux Championnats du Monde ».

 

FC : Tu vises quel objectif aux Championnats du Monde ?

YP : « Je pense que le top 20 est accessible. Je ne mets pas la barre trop haut comme je l’avais fait avant les Championnats d’Europe, et on verra bien si une bonne surprise m’attend à l’arrivée de ce Championnat du Monde du contre-la-montre professionnel 2018, à Innsbruck ».

 

FC : Et le chrono aux Jeux tu y penses déjà un peu ?
YP : « Non, les Jeux de Tokyo, c’est encore lointain, c’est en 2020, et je n’y pense pas du tout actuellement ».

 

 

Hervé Bombrun