Route – Équipe de France – Championnat du Monde – Innsbruck – Contre-la-montre – Élite femmes – Audrey Cordon-Ragot

Route – Équipe de France – Championnat du Monde – Innsbruck – Contre-la-montre – Élite femmes – Audrey Cordon-Ragot

Dix-neuvième du Championnat du Monde du contre-la-montre élite femmes, Audrey Cordon avait d’autres pensées en tête que le cyclisme en Autriche. Explications

 

France Cyclisme : Comment s’est passée ton chrono, Audrey ?

Audrey Cordon-Ragot : « J’ai eu deux jours durant lesquels j’arrivais à peine à marcher. Cela a été difficile après le chrono par équipes de dimanche. Je ne parvenais pas à récupérer. J’avais l’impression d’avoir disputé un marathon. J’avais exactement les mêmes sensations que lorsqu’on recommence le premier running après la coupure hivernale, avec à suivre le lendemain matin des courbatures énormes. Cela allait mieux aujourd’hui mais il m’a manqué un peu d’énergie. Après c’était aussi un peu un pari d’enchaîner les deux courses, et je ne savais pas comment j’allais réagir. »

 

FC : Te sentais-tu mal ?

ACR : « Non, pas forcément. Je suis à ma place, finalement. Mon jour de grâce, je pense, était dimanche. Aujourd’hui je ne sais pas exactement où j’ai pu pêcher, il faut que j’en parle avec mon coach. Mais quand j’ai vu qu’il ne me donnait aucun renseignement depuis la voiture, aucun temps, j’ai compris que je n’étais pas dans le « game ». J’ai donné le meilleur de moi-même, et voilà cela n’a pas fonctionné. Je suis forcément déçue du résultat, mais je suis à ma place. On reviendra l’année prochaine. »

 

 

ACR : « Avec les jambes que j’ai eues dimanche on aurait mérité de faire un podium avec mon équipe de marque, et cela aurait certainement rattrapé ma déception d’aujourd’hui. C’est le vélo, c’est ainsi. Il y a des jours avec et des jours sans. Il y aussi des choses plus dures dans la vie. J’ai perdu un proche hier, et j’ai roulé pour lui aujourd’hui. Toute ma famille est dans le deuil, et moi je suis ici, loin d’eux, et c’est dur. J’ai appuyé sur les pédales en pensant à cette personne proche, et c’est ce que je veux retenir de ce Championnat du Monde. Il y a le vélo, mais il y a aussi la vie à côté, et il convient de relativiser ».

 

FC : Tu as failli ne pas prendre le départ de cette épreuve ?

ACR : « Non, je tenais à être au départ. Sur mon vélo j’arrive vraiment à ne pas y penser. C’est le genre de chose qui lorsqu’elle survient nous donne beaucoup d’énergie et de force. Cela me permet aussi de relativiser beaucoup de choses. Je suis heureuse d’être présente sur ce Championnat du Monde, et beaucoup de personnes aimeraient être à ma place. C’est ce qu’il faut retenir ».

 

FC : Samedi, pour la course en ligne, comment vas-tu l’appréhender ?

ACR : « Je vais prendre les jours qui vont arriver comme ils viennent. Essayer dans un premier temps de bien récupérer, et montrer la plus belle image que l’on puisse donner du cyclisme féminin français samedi. On ne possède pas dans nos rangs une star de la montagne, mais nous allons faire, je pense, une belle course et montrer au public qui aime notre sport et nous qui soutient que la France possède un beau collectif, et que le cyclisme féminin dans notre pays progresse année après année et surtout que nous n’avons pas à rougir d’être présentes ici ».

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon

 

2018 Contre-la-montre individuel Femmes Elite