Route – Équipe de France – Championnat du Monde – Innsbruck – 30 septembre – Élite professionnels – Anthony Roux 

Route – Équipe de France – Championnat du Monde – Innsbruck – 30 septembre – Élite professionnels – Anthony Roux 

Champion de France sur route professionnel  2018, le Lorrain de Groupama-FDJ a été rapidement sélectionné par Cyrille Guimard afin de représenter la France aux mondiaux sur route d’Innsbruck. Un honneur et une forme de reconnaissance pour Anthony. Entretien

 

France Cyclisme : Anthony que représente pour toi le maillot de l’Équipe de France, et le fait de représenter la France sur un Championnat du Monde ?

Anthony Roux : « C’est toujours une très grande fierté. J’ai eu la chance de porter le maillot de l’Équipe de France dès ma dernière année chez les cadets, et durant mes deux premières saisons chez les juniors. Quand tu es jeune, porter le maillot de l’Équipe de France c’est quelque chose de grandiose. J’ai conservé cet esprit-là même dans les rangs professionnels. J’ai toujours à cœur de revêtir et porter en compétition le maillot de l’Équipe de France, c’est même pour moi, parfois plus prestigieux que de porter le maillot d’une équipe professionnelle, car les occasions en saison sont rares de revêtir le maillot de l’équipe nationale chez les pros. Et puis participer à un Championnat du Monde c’est une grande et belle chose, cela veut dire que le sélectionneur te fait confiance. »

 

 

FC : Le fait justement que Cyrille Guimard t’accorde rapidement sa confiance, et que ton nom apparaisse très vite parmi les premiers sélectionnés, c’est une belle marque de confiance pour toi ?

AR : « Je vais représenter la France comme l’an passé sur le Championnat du Monde. Mais à Bergen par rapport au circuit, on va dire que je m’y attendais plus. Mon profil de coureur rentrait en effet beaucoup plus dans les cordes par rapport au circuit proposé, en Norvège. Cette année, en revanche, pour l’Autriche, je ne pensais pas être parmi les premiers sélectionnés. J’imaginais davantage être un peu la dernière roue du carrosse (rires !). Après en réfléchissant, je sais que Cyrille a besoin de coéquipiers autour de ses leaders, lesquels doivent être dévoués à 100%. Il devait donc se fixer sur des coureurs, qui comme moi, pouvaient remplir cette fonction. C’est bien qu’il fasse confiance à des leaders et à des coéquipiers de suite. On sélectionne généralement les plus forts dans un premier temps, et les coéquipiers en dernier recourt. Mais Cyrille Guimard n’a pas procédé de la sorte. Il a voulu construire une base globale de son groupe, avec des leaders, des coéquipiers pour la fin de course, le début et des capitaines de route. Il a construit sa base de suite, et après viendront se fédérer autour du groupe d’autres coureurs très importants

 

FC : T’es tu déjà imprégné du parcours ?

AR : « Pas trop, mais je sais aussi à quoi m’attendre. On entend tellement d’échos autour de ce championnat du Monde à Innsbrcuk qu’on est forcément au courant. Je n’ai pas encore décortiqué à 100% le parcours, même si Cyrille nous adresse des mails de temps en temps. Je vais le faire de toute manière, mais je sais à quoi m’attendre et ce que sera le tracé de ce mondial. De toute manière qu’il soit très difficile, difficile, ou ultra difficile, maintenant je suis sélectionné et je vais préparer cette course pour la mission qui me sera confiée. Mon rôle sera établi, et que je ne connaisse ou pas le parcours cela ne servira pas à grand-chose. Ce qui faudra surtout pour un coureur comme moi qui n’est pas un pur grimpeur cela sera d’être très bien le jour « j », frais dans le but d’aller le plus loin possible en compagnie de mes leaders. C’est surtout cette pression mentale que je dois travailler avant tout. Je vais regarder de toute manière le parcours bientôt, histoire de ne pas arriver là-bas à l’aveuglette ».

 

FC : Il y a une forte attente autour de l’équipe de France pour Innsbruck, comment allez-vous gérer cette forme de pression ?

AR : « On n’a pas à rougir de ce statut. La pression est normale, je trouve, surtout avec un coureur comme Julian Alaphilippe dans nos rangs. Julien en prime gère très bien la pression. Il parvient parfaitement à cerner ses objectifs, tout en arrivant à être présent le jour « j » en toute tranquillité, en conservant un esprit zen. C’est sa force. C’est bien d’avoir avec nous cette carte-là. Certes, avec lui, nous avons une grosse pression, mais c’est aussi l’un des meilleurs puncheurs au niveau mondial. Il comptera donc parmi les favoris d’Innsbruck. Maintenant la force de l’équipe de France c’est que nous coureurs voyons arriver quand le regroupement se fait quelque jour avant le mondial  avec Julian quelqu’un qui ne stresse pas, qui est habité d’une grande confiance en lui. C’est un gros atout pour le groupe France, en fait ».

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon