Route – Équipe de France – Championnat du Monde – Élite hommes – Innsbruck – Épreuve en ligne – Romain Bardet 

Romain Bardet – photo d’archive RIO 2016 – Photo Patrick Pichon

Leader de l’équipe AG2R-la Mondiale, Romain Bardet, 2et 3du Tour de France, sera l’un des éléments clés de l’équipe de France à Innsbruck, l’Auvergnat est d’ailleurs allé reconnaître pour partie le tracé Autrichien au sortir du Tour de France 2018. Interview

 

France Cyclisme : Que représente pour toi ce mondial Autrichien ?

Romain Bardet : « Un Championnat du Monde c’est toujours une course à part dans la saison d’un coureur cycliste quel qu’il soit. On court ce jour-là avec notre sélection nationale. On porte le maillot de l’Équipe de France, et on se doit donc de représenter au mieux les couleurs de notre pays.  La course sera, cette année, qui plus est inédite car il y a eu peu de précédents sur un Championnat du Monde en termes de difficultés proposées. C’est un parcours dédié aux grimpeurs, ce qui va tendre à rendre ce Championnat du Monde 2018 vraiment spécial.  Ce sera un événement singulier pour nous coureurs au cours de cette saison 2018 ».

 

FC : Quelle valeur, quel symbole véhiculent pour toi, Romain, le maillot de l’Équipe de France ?

RB : « Ce maillot représente toute mon éducation de jeune coureur. Il symbolise de surcroît en quelque sorte mon accession au haut-niveau. Laquelle m’a été permise en grande partie grâce à l’équipe de France. J’ai en mémoire d’excellents souvenirs de mes jeunes années de coureur cycliste sous le maillot national, en juniors tout comme en Espoirs. C’est par la voie de l’Équipe de France que j’ai pu accéder au haut-niveau. Je ne l’oublie pas. Je n’ai plus l’occasion aujourd’hui de porter aussi fréquemment ce maillot du fait de mon statut de coureur cycliste professionnel, mais le revêtir dès que j’en ai la possibilité cela représente toujours moi : un honneur et une grande fierté. Prendre le départ d’une course avec le maillot tricolore c’est toujours quelque chose de fort. Pour tous les coureurs qui seront présents à Innsbruck, l’équipe de France incarne des valeurs fortes, possède une grande symbolique. C’est une institution qui forte à nos yeux ».

 

FC : Tu échanges beaucoup avec Cyrille Guimard ?

RB : « Oui. On échange assez régulièrement lui et moi, et de plus en plus à l’approche de l’échéance des Championnats du Monde. On ne devise pas sur la tactique de course, mais davantage sur ma forme, et comment je vais faire pour arriver au mieux de ma condition le jour « J » sur ce Championnat du Monde. Je perçois à travers, nos échanges, même si je n’en suis pas surpris, l’esprit que Cyrille Guimard souhaite donner à cette équipe de France élite professionnelle pour le Championnat du Monde d’Innsbruck ».

 

FC : Après le Tour de France, Romain, tu es allé découvrir une partie du parcours de ce mondial pour grimpeurs. Quels enseignements en as-tu retiré ?

RB : « J’ai repéré une partie du circuit, et je me sens rendu compte sur place que cette compétition sera très, très difficile. Ce sera le plus fort du jour qui sera sacré Champion du Monde en Autriche, aucun doute là-dessus. J’ai repéré aussi la descente qui va suivre la dernière bosse de la journée, et elle est technique. Mais moi, justement, je regarde surtout le gros morceau qu’il y va y avoir avant, et par conséquent cette dernière bosse aux forts pourcentages qu’il conviendra de très bien négocier. La descente ce n’est pas ce qui me soucie le plus, ce qui m’inquiète le plus c’est : comment faire pour arriver le premier au sommet de la dernière difficulté du jour, pas de négocier la descente derrière ! »

 

FC : Tu as choisi de te préparer au Centre National de Prémanon, pourquoi ?

RB : « J’ai fait ce choix afin de réaliser la meilleure préparation possible en vue du mondial Autrichien, tout en simulant une course par étapes qui ne figurait pas à mon programme. C’est un choix de ma part car on sait parfois qu’en fin de saison nous sommes un peu sur la tangente. En optant, donc, pour ce mode de préparation, j’ai essayé de conserver un maximum de fraîcheur tout en restant compétitif. La meilleure option pour moi était donc de faire un stage, et au Centre National de Prémanon, toutes les conditions étaient réunies pour le faire et bien préparer le mondial, avec derrière un bon programme de courses adapté en conséquence ».

 

 

Hervé Bombrun