Julian Alaphilippe avait été désigné « fil conducteur » de l’équipe de France par le nouveau sélectionneur des bleus, Cyrille Guimard.

 

Le gamin de Montluçon a tenu son rang, et ne s’est pas défilé devant la tâche à l’amorce de la dernière montée de Salmon Hill. C’est lui qui a tenté de faire « péter le bazar » sur ce Championnat du Monde 2017, lui qui a pris ses responsabilités de leader désigné des bleus. Il y est allé franco, sans rechigner. Il a tombé les dents et s’est fait mal, avec cette image de la bouche de travers au sommet de cette bosse intervenue après quand même 269 kilomètres de course. Il fallait avoir de la force pour y aller, mais ensuite Moscon est retombé de ses roues, sur une zone pavée Julian s’est débarrassé du coureur de la Sky, qui au courage est revenu sur lui. « Les carottes étaient alors cuites », comme le dit Cyrille Guimard. Au lieu de son rêve arc-en-ciel qu’il a tutoyé de près, Julian Alaphilippe doit se contenter d’une dixième place. Mais sa bravoure, le panache dont il fait part seront récompensés un jour. Mais à Bergen ce qui primait chez lui, c’était la déception.

 

« Je ne me rappelle plus exactement où et quand exactement je me suis fait rattraper par le groupe qui joue la gagne. Mais ouais, j’ai donné tout ce que j’avais. Je suis fortement fatigué, là… » Les traits de son visage étaient en effet creusés. « J’y ai cru, j’ai tout donné jusqu’à la ligne. Il était compliqué de résister au retour du peloton car il y avait des coureurs au sein de ce groupe qui avaient encore beaucoup de coéquipiers avec eux, cela favorisait un groupé. C’est absolument ce que je souhaitais éviter. » Alors pour tenter d’échapper à ce scénario, Julian a « jeté ses dernières forces quand (il) a vu que Moscon peinait à penser, mais il a finalement il a réussi à rester derrière mais cela n’a pas suffi pour aller jusqu’à la ligne. Je ne suis pas le coureur le plus rapide du peloton, c’est pour cela que j’ai tenté ce coup de force à l’amorce de la dernière bosse. Ce soir je n’ai aucun regret, j’ai tout donné. J’ai tenté le tout pour le tout. Je ne nourris pas de regrets, mais je suis forcément déçu car j’en avais très envie (NDRL : de ce maillot, de cette victoire). Les jambes étaient là, mais c’est comme ça. J’ai essayé de courir pour être le plus fort aujourd’hui, mais je n’étais le plus fort de la course… »

 

 

Hervé Bombrun