France Cyclisme : C’est ta première médaille internationale Corentin, quelle saveur a-t-elle ?

 

Corentin Ermenault : Je n’ai plus couru avec le Team Wiggins depuis le mois de juin. Pierre-Yves Chatelon voulait m’engager sur l’épreuve en ligne, mais compte tenu du fait que je n’ai pas couru avec mon équipe depuis cette date il a préféré assurer en sélectionnant un autre coureur. Maintenant concernant cette médaille, oui, c’est la première au niveau international. Cela fait plaisir, je m’étais classé cette année 4e des Championnats du Monde de poursuite individuelle élite à Hong-Kong. Là, obtenir enfin cette médaille, je n’étais pas pressé. Je me disais qu’il valait mieux le faire chez les pros que dans les jeunes catégories, mais cela fait plaisir d’avoir cette médaille à lisérés. J’ai cassé ce « sort » de la médaille sur le plan international, maintenant il va falloir aller chercher le maillot de Champion du Monde. Je m’en rapproche petit à petit, donc. Je ne veux pas spécialement aller le chercher chez les Espoirs, on verra… »

 

FC : Sur la route qu’attend de toi Jérôme Pineau, manager de la future équipe Vital Concept ?

 

CE : L’objectif dès l’an prochain c’est de découvrir les classiques du Nord, et de « bouffer » des pavés, et pouvoir performer sur ces courses d’ici trois quatre ans. Je vais maintenir aussi mon activité piste, un peu moins l’an prochain, mais viser les Tokyo avec l’équipe de France. Je sais que Jérôme Pineau compte beaucoup sur moi dès l’année prochaine, il souhaite que je progresse assez vite sur le chrono et les classiques, ce sera je pense l’objectif numéro un.

 

FC : Comment as-tu préparé ce chrono ?

 

CE : J’ai fait un stage avec l’équipe de France qui m’a vraiment mis dedans à Arc-sur-Senans en Franche-Comté, avec Pierre-Yves Chatelon, et toute l’équipe. Elle m’a d’ailleurs bien poussé. J’ai même fait du bi-quotidien l’après-midi, j’allais rouler avec Pierre-Yves. J’ai mis tous les atouts de mon côté afin de réussir sur ce contre-la-montre. C’était la semaine ou jamais pour bosser, j’ai tout mis, et cela a payé. Je pense que Pierre-Yves était content de ma motivation. J’ai fait ensuite le Tour du Doubs en fin de semaine, j’étais resté un mois sans courir. J’ai terminé et cela s’est bien passé. J’avais pas mal de force, et certains coureurs pros sont venus me voir pour me dire que j’avais de la force et que cela allait payer ici à Bergen. C’était plutôt cool et rassurant.

 

FC : Ta 9e place aux Championnats de France à Saint-Omer, avec les pros, a-t-elle constitué un déclic pour toi ?

 

CE : Oui, j’étais bien, en plus je finis par très loin du podium. Je dois être de mémoire à trente-cinq, quarante secondes du podium, de Sylvain Chavanel aussi, surtout que j’ai eu un très gros point de côté à vingt bornes de l’arrivée ce qui m’a fait perdre au moins une trentaine de secondes. C’était un déclic, en plus j’étais un peu sur la réserve avec le nombre de kiomètres. Cela a été une belle chose pour moi, et cela m’a fait du bien.

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC Patrick Pichon