BOURREAU-GALLOPIN

 

Six maillots de l’équipe de France qui flottent comme un étendard dans le dernier tour des championnats du Monde de Ponferrada, alors que le peloton est devenu famélique, c’est un signe encourageant pour l’avenir d’autant qu’à moins de dix bornes du but ne restait dans cet essaim de maillots nationaux que les « grands » du peloton ! « Je suis satisfait des garçons, déclare Bernard Bourreau, ils ont respecté les consignes, fait la course que l’on avait convenu de faire avec deux cartes maîtresses pour l’équipe : Tony Gallopin et Nacer. Tout le monde a rempli son rôle, il manque juste la récompense, finale, la médaille, le titre. Mais cela se rapproche, c’est le bilan qu’il faut tirer de cette compétition. On vient sur un championnat du Monde pour être récompensé, on était ici, en Espagne, dans ce but là. Le groupe est encore jeune, mais prometteur. On va y arriver. »


La France qui attend une médaille chez les pros depuis 2005 et le bronze d’Anthony Geslin à Madrid, et un titre depuis Laurent Brochard en 1997 à San Sébastian, a en tout cas posé de beaux jalons sur le chemin de l’arc en ciel. Tony Gallopin qui avait fait du rendez-vous de Castille et Léon un objectif, a été ponctuel. « Bernard m’a fait confiance pour ce mondial, et je me suis préparé en conséquence, dit-il. J’ai répondu présent, car lorsque cela sort dans la dernière bosse avec Valverde, Gilbert, Gerrans et Van Avermaert, je suis avec eux ! C’est un groupe de costaud. Je suis donc satisfait, mais déçu aussi, car je reviens sans médaille. Aux 500 mètres, on a vu que c’était fini pour l’or que Kwiatowski allait gagner, mais derrière on était cinq pour deux médailles. Moi, j’étais en deuxième position au moment d’aborder le sprint et ce n’est pas la place idéale. Mais ce que je retiens c’est que j’ai su répondre présent. » Pareille réflexion vaut pour Nacer Bouhanni, le sprinter, qui a « avalé » les 4200 mètres de dénivelé positif proposé à Ponferrada… pour aller faire dixième de son premier mondial pro. «Les gars, a t-il souligné de suite comme l’avait fait Gallopin, ont fait un super boulot pour nous. Ils ont été top, vraiment. C’était une très belle équipe de France, avec un beau collectif, c’est juste dommage que l’on ne puisse pas les récompenser avec une médaille. On n’est pas passé loin. Je ne peux me satisfaire d’une dixième place car je n’étais pas venu pour cela. Je n’avais pas travaillé fort à l’entraînement depuis des semaines dans un tel but. Mais en même temps dixième ce n’est pas ridicule, non plus. » Loin s’en faut, en effet…

 

Hervé Bombrun
@Lafrancecycliste