Kevin Ledanois

Kevin Ledanois
Crédit photo FFC – Patrick Pichon

La nuit est tombée en France, et Yvon Ledanois est devant son poste de télévision. Inutile de préciser qu’il a les yeux rougis, et que le bonheur le transporte au-delà de l’Atlantique, là où son fils est allé chercher l’or du côté de Richmond.

 

« Je l’ai eu au téléphone la semaine précédent la course, et il m’a dit qu’il était plus fort que l’an passé, disait-il à France Cyclisme. Il a ajouté, « papa, je te promets », je ne referai pas la même erreur que l’an passé. J’attaquerai juste dans le dernier tour. Je te le promets ».

 

Le fiston a tenu parole, et il a placé l’attaque qu’il fallait à moins de trois bornes de l’arrivée. Il y avait un coup de « flingue » à mettre et le puncheur de la formation Bretagne Séché -représentée ici en Virginie par Emmanuel Hubert, Dominique Moyon et Tony Prevost-  l’a mis quand il fallait où il fallait. Au sommet de la dernière bosse pavée. Imparable. « J’ai pensé pendant la course aux 1ers Jeux Européens de Bakou, et à la dixième place que j’avais fait là-bas, témoignait encore Kévin. J’étais dans le final avec les Boonen, Viviani, Tepstra, Pozzatto sur cette compétition. Je me suis dit pendant la course, si tu as réussi à suivre de tels cadors, avec Anthony, en Azerbaïdjan, tu peux le refaire ici, et essayer d’aller chercher la victoire ».

 

Cet or dont il rêvait tant, « c’était mon rêve, et là franchement, je ne réalise pas ! J’ai vraiment du mal à réaliser, quand il a commencé à pleuvoir dans le dernier tour, j’ai espéré très fort que cela continue, même que cela s’accentue encore. Les mecs ont fait un boulot exceptionnel tout au long de la course, et cette victoire est collective. J’ai attaqué pour favoriser une offensive de Anthony Turgis qui était notre leader ! Mais derrière quand il a vu que j’avais fait une cassure, il m’a protégé. On est très complémentaire Anthony et moi, on sait que l’on peut s’aider l’un et l’autre. La preuve ! » Comme à Copenhague en 2011, la France s’empare de deux médailles sur les trois du podium Espoirs.

 

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Kevin Ledanois – Anthony Turgis
Crédit photo FFC – Patrick Pichon

Une histoire qui se répète à une place près, puisque Turgis prend le bronze alors qu’au Danemark Petit s’était paré d’argent. Qu’importe le bonheur c’est de rééditer une telle performance de si haute tenue, car pour la France c’est un troisième succès après Romain Sicard qui avait ouvert la voie en 2009, à Mendrisio. Comme il est important que le maillot de champion du Monde revienne en France, quatre ans après le mondial Danois. « Je ne porterais pas ce maillot parce que je suis déjà pro chez Bretagne-Séché Environnement, déclarait Kévin, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est ce que ce maillot est à moi désormais, et c’est ce que je voulais. Je vais continuer à travailler, car je pense que je peux continuer à faire de belles choses. Mais il faut bosser, bien évidemment afin de concrétiser mon potentiel. Cette année d’ailleurs, j’étais un peu déçu de mon début de saison avec Bretagne Séché, et je veux réaliser en 2016 avec Fortunéo-Vital Concept un beau début de saison, afin de démontrer que cette victoire n’est pas fortuite. » Qui pourrait en avoir ne serait-ce qu’une once de doute…

 

Hervé Bombrun