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Jérôme Coppel
Crédit photo FFC – Patrick Pichon

18 ans ! Cela faisait dix-huit et la victoire de Laurent Jalabert que la France attendait une médaille sur les championnats du Monde de contre-la-Montre élite hommes.

 

Jérôme Coppel a mis fin à cette attente à Richmond, en Virginie, en s’appropriant la médaille de bronze, alors que le Mazamétain avait, lui, remporté cette épreuve. Mais ce n’est pas tout. Le Haut-Savoyard a également mis un terme à dix ans d’attente en terme de podium chez les pros pour la France, dans le cadre d’un championnat du Monde, route ou contre-la-montre confondus.

 

Le dernier en date à avoir investi un podium était, le futur retraité de la FDJ, Anthony Geslin, à Madrid qui avait terminé médaillé de bronze de l’épreuve en ligne ! Coppel avait dix-neuf à l’époque ! Un an plus tard il obtenait sa première médaille sur un championnat du Monde… Espoirs, à Salzbourg. Le bronze, déjà. Il récidivait un an plus tard chez les moins de 23 ans toujours, à Stuttgart en obtenant un métal de la même couleur. Entre-temps, le Haut-Savoyard, dont le père a été un très bon amateurs, avait fait le choix de devenir grimpeur-rouleur afin de jouer les classement généraux sur les épreuves par étapes. Pari réussi avec une treizième place sur le Tour en 2011, mais après les coups de malchance, la maladie sont venus enrayés le court de sa carrière. Il a revu sa copie lors de sa dernière saison chez Cofidis, avant de prendre le virage total « chrono et étapes sur les grosses courses », dès son arrivée chez Iam Cycling. Une équipe qui a la culture de l’effort solitaire qu’il soit individuel ou par équipes, comme l’a souligné Coppel en Virginie, touché, meurtri également il y a deux ans par le décès de son grand ami Arnaud Coyot. Un grand choc pour Jérôme qui a mis du temps à s’en remettre. « J’ai trouvé chez Iam, disait-il après son exploit à Richmond, une équipe avec un état d’esprit chrono. Rick Verbrugghe qui vient de chez BMC possède cette culture, il nous donne de petites ficelles à propos de ces courses. On a fait des stages sur la piste pour travailler notre position que ce soit à Aigle ou à Majorque. J’apprécie aussi l’état d’esprit de l’équipe, le fait qu’il y ait plusieurs nationalités. On me fait également confiance, par exemple, mes dirigeants m’ont laissé abandonner la Vuelta quelques jours avant son arrivée afin de préparer au mieux ce mondial, et je les en remercie. »

 

Un Coppel en confiance est capable de grands numéros. La preuve en Virginie. « Je suis hyper content de cette médaille de bronze, disait-il. Je ne réalise pas. J’ai été à fond du début à la fin, je pense que j’étais dans un jour exceptionnel. J’ai eu sur cette course mes meilleures sensations de la saison. J’ai eu tout de mon côté, et la chance en prime. Tout a fonctionné. C’était le bon jour. Je signe ma meilleure saison, et pourtant c’est drôle elle a été chaotique. Je me suis cassée la main sur le Tour du Pays-Basque, mais pour reprendre j’ai du faire beaucoup de séances avec mon vélo de chrono. Je reprends au Tour de Suisse, et je gagne les France du chrono ». Le Tour. Il l’abandonnera malade. La Vuelta pointera en deuxième partie de saison. Il sort un chrono référence là-bas, juste derrière le futur champion du Monde Vasil Kyrienka à quelques secondes, avec une prometteuse cinquième place. Un signe. Et au final c’est sur la route de Richmond qu’il lissera sa performance meilleure performance de la saison, troisième d’un mondial pro en chrono.

 

« C’est sans doute ma meilleure saison, souffle Jérôme Coppel, j’ai connu pas mal de soucis au cours de celle-ci, mais à chaque fois derrière j’ai eu de bons résultats. » Lesquels récompensent ce travailleur acharné et perfectionniste !

 

 

 

 

Hervé Bombrun