Le sociétaire du CC Etupes est devenu Champion de France Espoirs au terme d’une course haletante de bout en bout.

 

Cela a feraillé de bout en bout ! Quelle course, ce Championnat de France Espoirs 2019. On a même eu l’impression à un moment donné que c’était une partie du peloton qui avait pris la fuite, avec ce groupe de plus de trente coureurs en tête ! Tous les comités étaient représentés, mais au fil des passages certains ont disparu de la tête, mais les principaux étant représentés, il était quasiment joué que le titre se jouerai devant. Mais trente c’est un gros chiffre alors il a fallu écrémer à coup d’offensives. Et finalement, c’est dans le money-time de la course a trois tours de l’arrivée que deux vagues se formés, avec Louvel (Normandie), Delacroix (Bourgogne-Franche-Comté), Julien et Retailleau (Auvergne-Rhône-Alpes), Menant (Pays-de-la-Loire) et Chevalier (Bretagne). Mais c’était encore trois de trop, et Louvel intenable a fait exploser ce groupe et a permis à un trio de se dégager, puisque Julien et Delacroix l’ont suivi. Les vêpres étaient dites, en ce début de vendredi soir. « On s’est entendu car on était trois, les médailles étaient distribuées, confessa Théo Delacroix, après on avait décidé de régler la victoire à la pédale. Il y avait le maillot à aller chercher, mais les deux autres étaient sur le podium ». A la pédale, cela s’est fait effectivement, ou plus précisément au sprint dans la dernière ascension de la bosse d’arrivée ! Un suspense haletant dans les trois cents derniers mètres après plus de cent quatre-vingt bornes de course ! Quel scénario fascinant, vraiment. La victoire reveant sur le fil à Théo Delacroix devant Anthony Julien et Mathis Louvel. « Ce maillot, expliquait le coureur du CC Etupes, qui portait pour l’occasion le maillot du comité régional de Bourgogne-Franche Comté, ma première victoire de la saison, et la reconnaissance de tous les investissements effectués au cours des saisons précédentes. J’ai conservé ma ligne au sprint, et j’ai lancé au dernier moment. Je me suis mis à droite et j’ai regardé tout au long du sprint si personne ne me déboitait ». Ce qui fut effectivement le cas. » Revenu de la Vuelta de Burgos qu’il avait disputé en qualité de stagiaire pour le compte de l’équipe Wanty Groupe Gobert, Théo Delacroix souhaitait associer son directeur-sportif à ce succès. « Boris Zimine m’a mis énormément en confiance cette année, je veux maintenant profiter de ce maillot et bien finir ma saison, notamment avec le CC Etupes mais aussi avec Wanty », expliquait cet étudiant en deuxième année de DUT chimie à Besançon. La particularité de ce podium d’ailleurs est que tous les coureurs qui le composaient étaient stagiaires, à l’instar de Anthony Julien chez AG2R-La Mondial, qui s’est vu beau dans un maillot de Champion de France. « Je ne voulais surtout pas revivre une deuxième fois, une deuxième place sur un Championnat de France. J’avais déjà connu cela dans les rangs cadets. J’ai presque réussi à remonter Théo au sprint, mais il était le plus fort, car il a remis un coup dans le final et cela fait que je perds pour vingt centimètres. La déception était forte après le passage de la ligne, mais au final cela reste un beau résultat. » Ce sprint Mathis Louvel lui aussi l’a refait, et le refera dans sa tête. « Je ne peux être déçu dans la mesure où je signe mon premier podium sur un Championnat de France. Je pense que j’ai trop attendu avant de lancer mon sprint, si je l’avais fait, peut-être que j’aurais pu espérer un meilleur résultat. Il m’a juste manqué quelques centimètres ». Ceux qui a contrario ont fait le bonheur de Théo Delacroix.

 

 

Hervé Bombrun