Après avoir longtemps tourné autour le coureur de l’équipe Arkéa-Samsic a, enfin, remporté le titre de Champion de France Espoirs du contre-la-montre pour quatre-vingt-quatorze centièmes d’avance sur le sociétaire de Vendée U-Pays de la Loire, Thomas Denis.

 

Ce fut un nouvel épisode du match Bretagne et Pays-de-la-Loire, un prolongement presque des Championnats de France sur piste 2019, avec l’un des grands protagonistes sur le Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines, Thomas Denis, qui a campé le rôle du héros magnifique et à la fois, malheureux, tombé au terme de moins de vingt kilomètres de course… pour quatre-vingt-quatorze centièmes perdus. Mais où. La recherche de ce temps infime doit tourner dans sa tête. Thibault Guernalec, enfin, récompensé sur son épreuve fétiche, a dû faire le même chemin, en sens inverse, mais sans doute pour savoir où il a gagné cette poussière de temps si précieuse sur son dauphin du jour. « Je me suis mis une grosse pression tout seul, expliquait le Finistérien de l’équipe Arkéa-Samsic. J’ai eu peur de perdre le titre une fois de plus. Je ne voulais pas connaître une fois de plus un tel scénario. C’est sympa de gagner avec du confort un chrono, mais le remporter de si peu lui confère aussi une certaine saveur. Enfin, je l’ai ! Je l’attends depuis les rangs juniors ».

Animée d’une seule envie : gagner, Thibaut Guernalec aurait s’enfermer dans ce mantra, s’aliéner. « Je ne voulais ici que pour gagner, dira-t-il d’ailleurs. J’y croyais vraiment. J’avais peut-être le droit à l’erreur au sein de mon équipe, mais moi je ne me le suis pas accordé ». Question course, maintenant, il avouera, « l’avoir débuté fort, mais le final fut difficile ». D’où sans doute l’écart mesuré à l’arrivée avec Denis. « Mais la gestion de cette fin de chrono difficile, va me servir pour l’avenir. J’avais de bonnes jambes ici, mais pas les mêmes qu’au Portugal, récemment. Je sentais sur cette course que je ne pouvais pas me coucher, alors qu’ici je me suis un peu couché sur le final ». La victoire étant là, Thibault Guernalec veut maintenant profiter de l’effet rebond que va lui offrir ce succès. « J’avais besoin de ce titre, à force de tourner autour, maintenant je peux me dire que j’ai été capable d’être Champion de France ». Une barrière mentale est désormais cassée. Je vais en plus pouvoir courir avec ce maillot à l’occasion du Grand Prix des Nations-Les Herbiers. Je vais le porter avec fierté », disait ce tout jeune pro, qui expliquait encore « que sa première saison à ce niveau n’avait pas été facile tous les jours », il rappelait en effet, « (s’être) cassé la cheville en début de saison, mais après cette blessure j’ai su revenir. J’ai fait tout ce qu’il fallait pour essayer de me faire plaisir autant que j’ai pu lors de ma première saison au sein du peloton professionnel. J’ai mal à trouver mes mots, tellement ce maillot me procure de sentiments ».

 

 

Hervé Bombrun