Exceptionnelle, une fois encore ! Pauline Ferrand Prévot a en effet remporté le championnat de France élite dames un peu plus d’une semaine après avoir repris l’entraînement. Un retour à son sport, son métier qui a été possible grâce au concours et aux connaissances de Jacky Maillot, médecin de l’équipe de France, qui l’a pris en charge et lui surtout a permis de consulter rapidement les bonnes personnes. Un souci postural était à l’origine de tous les maux de la double championne du Monde, et le médecin Franc-Comtois a su le détecter. Les France ont longtemps été en balance, puis vendredi dernier PFP a fait un test. Il s’est avéré concluant, la douleur avait disparu, son bassin n’était plus décalé, sa sciatique lombaire un mauvais souvenir ! La qualité de soin de l’Équipe de France a permis de remettre en selle la « pépite » du cyclisme français, qui a signé son retour avec une troisième place sur le contre-la-montre des France 2015, une épreuve qui lui a permis de « débloquer » le moteur avant de décrocher son premier succès maillot de championne du Monde route sur les épaules, ici à Chantonnay, sur le circuit des championnats de France 2015. « Je gagne cette épreuve grâce à la « hargne », indiquait PFP. J’avais fait troisième à Nove Mesto en manche de Coupe du Monde avec la douleur, je savais que j’étais en forme avant mes ennuis de santé. Je savais que j’allais perdre de la puissance sur le plat pendant mes dix jours d’arrêt, mais pas ma force en montée. Je suis une têtue en fait (NDLR : un terme qui colle à la définition de championne aussi), car quand j’ai repris la semaine dernière l’entraînement il pleuvait, mais je voulais y aller. Me tester, c’est pareil pour venir ici. Je voulais venir, même si certains me disaient de réfléchir encore ». Mais Pauline n’en pouvait sans doute plus de tourner en rond, sa vie c’est son sport. Son existence la performance. « Je n’ai pas eu mal aujourd’hui, juste sur la fin de course j’avais un début de crampes au mollet à cause de la chaleur. » La suite de son programme ? Le Giro ? A voir. « Mon équipe ne m’a pas vu depuis longtemps, et elle aimerait bien que j’y participe sans pression, sans nécessité de résultats. A voir ». » L’instant n’était pas à la projection en Vendée plus dans le partage avec ses proches présents, ses parents, sa sœur… et son petit ami, Vincent Luis, par procuration. « C’est son anniversaire aujourd’hui, je voulais aussi essayer de gagner pour lui, je n’ai pas été facile tous els jours à la maison ces derniers jours, et je voulais le remercier de la sorte. J’ai en tout cas muri pendant ces quelques semaines, j’ai été trop habitué à gagner et à être dans cette spirale. Si je ne gagnais, je pleurais, boudais. Cela a été le cas à la Flèche Wallonne où je manque le podium, mais quelques temps après je me suis recentrée en me disant : « Voyons Pauline, il y a deux ans, tu aurais été aux anges de finir si près du podium sur la Flèche. Il faut donc savoir apprécier les bons moments ». Doser aussi, une saison. Ce sont les enseignements de cette blessure. « Mon corps a dit stop cette année, et je vais plus observer de temps de repos. Je me pose des questions pour 2016, et les Jeux déjà. Vais-je faire du cyclo-cross, si oui, combien. Vais-je retarder ma saison. Le cyclo-cross j’en ai besoin durant l’hiver, mais pourquoi pas encore plus cibler mon programme de courses, raccourcir encore un peu plus ma saison hivernale. Je sais que parfois il me faudra rester sage et observer plus de période de repos ».

 

 

 

 

 

Hervé Bombrun