Jérôme Coppel est un coureur de talent, qui n’a pas été épargné par les blessures ces deux dernières  années, mais aussi un homme de mémoire et de coeur.

 

Le Haut-Savoyard peut laisser croire sous sa cuirasse qu’il est « étanche », « insensible », mais quand on connaît bien le personnage, il est en fait tout l’inverse ! Marqué par le décès de son ami Arnaud Coyot, le sociétaire de Iam Cycling depuis le début de saison a « dédié son premier titre, et premier podium lors d’un championnat de France, à son ex-coéquipier.

 

J’ai croisé ses parents au départ, lui croyait que j’étais capable d’aller chercher de telles victoires. Il croyait en moi que moi je n’ai confiance en mes capacités, en fait. C’est émouvant de penser à lui, en ce moment », lâchait le double médaillé de bronze aux bords des larmes. Un chrono, Jérôme Coppel en a fait un depuis sa chute lors au Tour du Pays Basque. Blessé à une main, et opérée en Suisse, il a repris sur home-trainer « trois semaines sur le vélo de chrono, à la fin je ne pouvais plus le voir, mais au final cela m’a servi ». Il a aussi effectué un stage « perso » en montagne avec son autre pote de toujours, Guillaume Levarlet avant de reprendre la compétition sur les routes du Tour de Suisse.

 

Là, son chrono final, et sa septième place ont annoncé la couleur et ses ambitions pour les France, même si lui ne croyait pas trop en lui. Encore ! « Je n’avais jamais fait de podium sur les championnats de France chrono, et mon tout premier se solde par la première place ! Ce n’est pas une revanche vis à vis de personne, je n’ai pas marché au sein de mon ancienne équipe pendant deux ans parce que j’avais des ennuis de santé, pas parce que Cofidis était une mauvaise formation. La preuve Stéphane Rossetto fait deuxième aujourd’hui, et Nacer gagne des courses ! Moi, je retiens juste que Iam m’a fait confiance en fin de saison, et que comme je n’étais plus en haut de l’affiche durant ces deux saisons beaucoup de personnes m’avaient oublié. C’est plus facile d’être au côté de quelqu’un quand il est dans la lumière, les personnes sont moins nombreuses autour de vous quand cela va moins bien. Je sais en tout cas m’a soutenu et qui n’était pas à mes côtés durant ces moments difficiles. »

 

Car si Jérôme Coppel est un gentil garçon, il n’en est pas moins un homme des « montagnes » avec un caractère bien trempé !

 

Hervé Bombrun