chpt-france-route-2015-CORDON-AUDREY_1« C’est un soulagement ! » Audrey Cordon-Ragot tient enfin son titre de championne de France du contre-la-montre élite dames, elle qui met tant d’application à s’investir dans cette discipline depuis plusieurs saisons déjà, tant au niveau national qu’international. La Bretonne jusque-là avait buté sur le « mur » Pauline Ferrand-Prévot, mais Chantonnay et les France 2015, resteront l’année du Graal tricolore pour elle. Une forme de délivrance aussi. « Je tournais depuis plusieurs années autour, déclarait la sociétaire de la formation Wiggle-Honda, j’ai été à trente secondes de la première place, puis l’an passé je finis à deux secondes de Pauline. C’était dur à vivre, et enfin, ici, je parviens à m’imposer. Pauline n’était certes pas à 200%, mais les soucis qu’elle a connus ces dernières semaines font partie des aléas du vélo, on est toutes un jour ou l’autre confronté à des blessures au cours d’une carrière ».

 

Une victoire libératrice aussi pour la Bretonne qui a changé d’équipe à l’intersaison et qui aimerait gravir les échelons au sein de sa nouvelle formation.

 

« Ma nouvelle formation est très forte, disait-elle encore. On est première au classement de la Coupe du Monde, nous avons remporté quatre manches sur les six actuellement disputés de ce trophée. Moi, j’ai un statut d’équipière, mais j’ai encore du mal à trouver ma place. J’aimerais progresser dans la hiérarchie de l’équipe avoir plus souvent un rôle de « leader » sur certaines épreuves, ou de coureur protégé. Mais pour cela il faut que je fasse encore mes preuves, que je progresse. »

 

Ce maillot tricolore pourrait-être un moyen d’y parvenir. « Je suis une athlète qui progresse paliers après paliers, indique encore Audrey. Je gagne marche après marche, je n’ai jamais eu une grosse progression comme Pauline ou Aude, mais plus linéaire. » Une progression qui se fait doucement, au rythme aussi d’un travail en dehors du sport. « Je ne vis pas du cyclisme, note encore la coéquipière d’Elisa Longo Borghini. Je travaille en dehors du vélo, et il y a deux semaines j’ai fait comme tout le monde mes trente cinq heures hebdomadaires, j’ai même travaillé le dimanche. Ce n’est pas idéal en terme de récupération. J’aimerais avant la fin de ma carrière ne faire que du vélo, et être payé pour cela, et voir ce que cela donne… »

 

 

Hervé Bombrun