Déclarée comme l’une des journées  les plus chaudes du séjour Quatarien pour les meilleurs cyclistes mondiaux, ce mardi a été un vrai calvaire pour les juniors français engagés en début de matinée sur l’épreuve du contre-la-montre individuel. Les hommes de Julien Thollet ont souffert comme l’ensemble des concurrents qui ont disputé cette course. Il a fallu en effet plusieurs minutes pour que nombre d’athlètes reviennent à la normale, et encore… Les secours du « croissant rouge » Qatarien ont du souvent s’employer, comme pour ce fut le cas pour ce concurrent Suisse, par exemple, arrivé le nez en sang non pas par la faute d’une chute, mais tout simplement sous l’effet de la chaleur. Allongé par terre, il a été soigné, la tête massée avec un sac plastique rempli de glaçon. « On l’a mis dans un endroit frais au départ, déclarait un membre de la fédération helvète. Il grelottait presque au départ, et là il est bouillant, la fatigue et la chaleur lui ayant causé ce petit saignement nasal ».

Clément Davy n’a pas eu de tels signes extérieurs d’attaque de chaleur, mais sa douleur était bien perceptible, toutefois, après la course. « J’étais bien, j’enroulais bien au départ. Le parcours en plus tout plat comme cela, me plaisait énormément. C’est mon truc, généralement ». Généralement, mais quand la course se dispute dans un four avoisinant les trente-sept degrés à dix heures du matin ! Raisonnable sachant ce qui l’attendait, Clément a su s’adapter. « Je ne suis pas parti trop vite, disait-il, car c’est qu’il fallait faire pour briguer un podium. Je prenais de belles trajectoires, mais je pense que je n’ai pas assez bu, et d’un coup j’ai reçu comme un coup de massue. Je n’ai plus eu la même cadence, la chaleur m’a assommé. Je n’étais plus lucide, et je ne prenais plus les bonnes trajectoires. Cela s’est fait d’un coup, sur une trajectoire je n’arrivais plus à guider mon vélo, et cela ne tournait plus ». Des explications quasi à l’identique ont été données par Florentin Lecamus-Lambert, juniors 1ère année, membre du Pôle France endurance de Bourges, et lauréat cette année du Trophée Centre Morbihan, manche de la Coupe des Nations UCI juniors. « J’ai commencé à piocher au bout de quasiment cinq kilomètres, je n’avais presque rien dans les jambes. Je ne pouvais pas mettre de braquet. » Chaleur, chaleur…

 

 

 

Hervé Bombrun