France Cyclisme : Clément, on te sent encore un peu sur ton petit nuage après ce succès obtenu à Dunkerque…

Clément Venturini : « C’était un peu inespéré quand même ! Je ne sais pas trop quoi dire, en fait, car cette épreuve est une belle compétition du calendrier français, et forcément la remporter me ravit. C’est de surcroît ma première victoire sur une épreuve par étapes de toute ma carrière ».

 

FC : Comment s’est construit ton succès, Clément ?

CV : « Le 1er jour on était sept de l’équipe dans les derniers kilomètres. On aurait pu faire mouche ce jour-là, mais les choses se sont un peu mal goupillé. Nous nous sommes un peu emmêlés les « pinceaux » (sic !). Je me classe 3e, le lendemain je ne peux disputer le sprint d’arrivée. A Amiens, il y a eu des bordures, on arrive un peloton plus réduit à l’arrivée, mais je me fais enfermer sur le sprint pour les places d’honneur. Il y a eu sur ces premières étapes toujours quelque chose qui se goupillait mal. Le 4e jour la sélection s’est faite et je me suis retrouvé en bonne posture à ce moment-là, et le 5e jour à Cassel cela a été la finalité. »

 

FC : Tu as vu Sylvain lâcher sur cette étape ?

CV : « Non, en fait, à l’avant-dernier tour à la cloche, une grosse montée du Mont Cassel avait été effectuée. Là, moi j’ai fait la jonction devant avec Oliver Naesen et Christophe Riblon. On a commencé à tourner devant sans trop non plus tout donner, et Sylvain est rentré dans la descente. Et lors de la dernière montée ça a vraiment monté à bloc. Florian Sénechal m’a alors hurlé dans l’oreillette « vas-y à bloc, Sylvain a lâché ». Il m’encourageait à bloc pour faire le jump. Mais encore une fois, j’arrive au sprint pour la 2e place, et c’était en faux-plat descendant. Je me retrouve 2e à 300 mètres, ça remonte, et cela redescend, mais Armée se décale à gauche, ce qui me contraint à mettre un grand coup de frein. Je termine 3e sans prendre de bonifs, et c’était chaud pour le général avec seulement deux secondes d’avance sur lui. Avec plus de réussite, j’aurai pu avoir un peu plus de marge. Mais j’ai gagné cette course, c’est l’essentiel ».

 

FC : Cette victoire pour Cofidis est importante, car acquise dans le Nord

CV : « Oui. C’est sûr. L’équipe siège à Lille, le sponsor est du Nord, notre formation possède une forte identité nordiste donc forcément c’est une grosse victoire pour Cofidis et moi ».

 

FC : Quelle perspective t’ouvre cette victoire ?

CV : « Je pense que cette victoire va être pour moi une forme de déclic. J’ai eu souvent des ouvertures au cours de ma carrière qui se sont fermé alors qu’elles devaient s’ouvrir devant moi ! Et je pense que j’aurai pu obtenir des satisfactions plus rapidement. C’est un gros soulagement pour moi. Hier, j’étais concentré, focus à bloc sur le classement général de ces 4 Jours de Dunkerque Grand Prix Hauts de France. Je n’ai pas disputé le sprint, mon but était juste de ne pas prendre de cassures par Oliver Naesen. J’espère que juste que l’équipe me fera davantage confiance sur certaines épreuves, et que j’aurai, sans prétention, un peu plus de responsabilités sur certaines épreuves où je peux être en capacité de faire de belles choses ».