Le Pôle Ultra-Marin basé au Vélodrome Toulon Provence Méditerranée, à Hyères, a été inauguré ce jour en présence notamment de Michel Callot, président de la FFC.

La promotion 2019-2020 compte cinq athlètes : Élisa Payet (Réunion), Emmanuel Houcou (Martinique), Erwann Legaillard (Martinique), Lois Vasapolli (Polynésie), plus Julie Michaux du comité Sud PACA.

 Le suivi scolaire de ces jeunes coureurs sera assuré aux lycées de Costebelle, et Jean Aicard de Hyères. Interview avec le responsable du Pôle ultra-marin de Hyères, François Lamiraud

 

France Cyclisme : Comment est née l’idée de créer un Pôle Ultra-marin à Hyères ?

François Lamiraud : « Il y avait une volonté de la part des comités ultra-marins que l’on crée en métropole une structure de ce type. Les échanges entre la FFC et les comités d’Outre-Mer à ce sujet remontent à une petite décennie. Par ailleurs, au sein du projet fédéral présenté par le Président de la FFC, la volonté de coopération entre les comités régionaux d’outre-mer et la FFC, était un axe fort que Michel Callot tenait à développer. Le président de la FFC voulait se rapprocher davantage de ces territoires, qui parfois se sentent un peu « oubliés » du fait de la distance qui existe entre la métropole et eux. Il existe aussi une histoire entre Hyères et les comités ultra-marins fortes, de fait, au final, donc tout était réuni pour que le Pôle voit le jour ici. Ce projet est avant tout basé sur une forme de partage entre eux et nous ».

 

France Cyclisme : Peux-tu nous en dire plus ?

François Lamiraud : « On est sur un dispositif gagnant-gagnant, et en total partage avec les territoires d’outre-mer de la FFC, puisque je suis en lien avec eux, et notamment avec leurs cadres techniques sur la formation d’entraînement. Nous sommes vraiment sur un partage de méthodologie avec eux. Nous sommes, également, en soutien, sur des axes tels que la formation fédérale, de manière ponctuelle ou continue afin de leur amener nos compétences, notamment sur l’activité piste. Cette notion de partage est très importante, car nous ne sommes pas uniquement missionnés afin de nous occuper de leurs athlètes, mais aussi dans le but de faire progresser l’ensemble du cyclisme ultra-marin en lui apportant encore plus de dynamisme ».

 

France Cyclisme : Existe-t-il une vraie pépinière de sprinters au sein de ces territoires ?

François Lamiraud : « On s’est rendu compte à travers les premiers tests effectués que ces coureurs possèdent un fort potentiel, notamment sur des données de puissance max. Ils présentent des valeurs intéressantes, et sont sur la fourchette haute par rapport à leurs catégories. Le but était de parvenir à réunir un certain nombre de coureurs d’Outre-Mer, ici, en métropole. De leur faire profiter des installations tels que le Vélodrome Toulon Provence Méditerranée, tout en leur offrant une confrontation plus fréquente avec les coureurs de la métropole ».

 

 

France Cyclisme : Ce Pôle Ultra-marin ici à Hyères, c’est un vrai partenariat avec la métropole TPM ?

François Lamiraud : « Oui, effectivement. Il y a toujours eu en plus une vraie volonté de la part de la métropole TPM de relancer le vélodrome, c’est la raison pour laquelle ce projet de Pôle Ultra-marin leur tient à cœur. Le climat, ici, est favorable à l’évolution, à la progression de sportifs de haut-niveau. Une expertise par rapport aux sportifs ultra-marins a été également développée par les CREPS de PACA, ceux de Boulouris et d’Aix-en-Provence. Je compte d’ailleurs m’appuyer sur leurs compétences pour le suivi psy et médical de nos athlètes. Nombre de facteurs de fait étaient réunis ici dans la région Sud Provence Côte d’Azur afin de pouvoir mener à bien ce magnifique projet ».

 

France Cyclisme : Comment est structuré le pôle sur le plan sportif et administratif ?

François Lamiraud : « Je m’occupe de la coordination du Pôle. Mes missions vont du suivi administratif, financier, vie scolaire, ainsi que le lien avec la DTN de la Fédération Française de Cyclisme. Je mets en place la stratégie du Pôle ultra-marin sur le long terme. J’ai, par exemple, élaboré un projet de développement jusqu’en 2024, avec des idées de progression, et un guide à suivre pour les prochaines années. Kévin Sireau est quant à lui salarié de TMP, et s’occupe de l’entraînement. Il est au quotidien avec les athlètes, je peux aussi lui servir de soutien pour les sorties des endurants, quand il faut aller sur la route, ou leur faire faire des sorties derrière scooter ».

 

France Cyclisme : Combien d’athlètes pouvez accueillir ?

François Lamiraud : « Nous avons cette année cinq athlètes, plus Julie Michaux. Nous ne voulions pas dès cette première saison avoir un gros recrutement. Pour la mise en place de la structure, nous souhaitions avant tout asseoir sa stabilité. Je pense à l’avenir accueillir entre 8 et 10 athlètes. Notre stratégie est de grandir progressivement, en patience, et surtout en étant en capacité de construire étape par étape notre structure, tout en en offrant à chacun des membres du Pôle un projet sportif couplé avec un projet de vie. Tout ceci réclamant du temps ».

 

Hervé Bombrun

 

de G à D : Kevin Sireau, Michel Callot, Erwann Legaillard, Eliza Payet, Emmanuel Houcou, Julie Michaux, Lois Vasapolli,

François Lamiraud, Cédric Chaumond;