François Pervis s’est offert un petit « break » par rapport à « sa » tournée internationale du keirin 2014 au Japon. Le triple champion du Monde sur piste et double recordman du monde (kilomètre et deux cents mètres lancés), est en effet revenu en France pour cinq jours. Il va disputer ce week-end un tournoi de sprint au Mans avec Grégory Baugé, Michaël D’Almeida, Kévin Sireau et Julien Palma, ses partenaires en Équipe de France. « Je ressens de la fatigue, explique le Mayennais à ffc.fr dépêches La France Cycliste. La tournée du keirin au Japon est plus dure que d’habitude ; à l’heure actuelle j’ai remporté deux grandes finales. Il me reste encore quatre courses à disputer. J’en avais remporté quatre au total en 2013, je peux encore faire mieux cette année. C’est encore possible. »

Retombé dans un univers qu’il adore, François Pervis qui a « retrouvé sa routine de vie au Japon, avec ses pistes, ses vélos en acier et ses habitudes de course réglées comme du papier à musique », a quand même du mal « à (s’) entraîner, car il a beaucoup plu déjà, mais aussi parce que je n’ai pas le même engouement que les autres années, un peu moins de motivation aussi même si le keirin au Japon reste quelque chose de fort. Mais là je sors d’un gros hiver en terme de résultats, et j’ai besoin de souffler. J’aspire à des vacances, à couper. Ses six dernières années, je ne l’ai fait que douze jours au maximum. Là, je vais faire un long break au mois d’août. J’en ai besoin. J’ai envie de me poser, d’arrêter de penser au vélo, afin de recharger les batteries et pouvoir repartir sur la course au quota pour les Jeux, et les Jeux de Rio à proprement parler. »

Mais avant ce moment tant attendu, d’autres défis attendent encore le triple champion du Monde 2014. « Je dois encore me qualifier pour les prochaines Coupes du Monde. Franck Durivaux a eu l’Union Cycliste Internationale aujourd’hui, je dois avoir quatre vingt dix points UCI pour disputer les manches de Coupe du Monde. J’ai gagné un Grand Prix au sortir de Cali, cet hiver, à Londres, et j’ai inscrit quatre-vingt points. Il m’en reste donc dix à prendre. Je vais donc disputer un Grand Prix au Japon du 11 au 13 juillet, afin de prendre ceux qui me font encore défaut. Et là, je vais courir avec un vélo carbone, des roues carbones. »

Une épreuve sur laquelle il sera encore sans nul doute la « référence » des Japonais, eux qui lui demandent sans cesse des conseils. « Le coureur de keirin au Japon vit dans un monde assez clos, indique encore Francçois. La plupart d’entre eux ne connaissent pas le maillot de champion du Monde, ils me demandent si c’est celui de ma sélection nationale que je porte. Certains ne savent même pas qui est Cancellara. Coureur de keirin, c’est un métier là-bas, pas un sport. Ils ne s’intéressent pas au vélo, en règle générale. Les questions qu’ils me posent le plus souvent portent sur mes records, comment je les ai battus, car un chrono cela leur parle. Il s’intéresse aussi à mon entraînement, mon échauffement, me demandent pourquoi j’ai choisi telle géométrie de cadre, pourquoi je roule avec des chaussures carbones et moulées à mon pied. » Parfois les questions vont plus loin et surprennent même. «Ils me demandent si je m’échauffe avec le même braquet, pour eux cela se fait sur un développement unique, voire le même que celui utilisé en course. Après les meilleurs coureurs de keirin sont plus pointus, ils ont un entraîneur propre, bénéficient de nouvelles technologie. Mais dans la grande majorité, ils sont assez « old school ».

Les Japonais sont assez en retard par rapport au niveau international. D’ailleurs chaque fois qu’une télé, qu’un reporter radio vient m’interviewer, il me pose cette question : « Comment faire pour que les Japonais soient meilleurs au niveau international dans la perspective des JO de 2020 à Tokyo.. » Ils me posent cette question car ils savent qu’ils doivent progresser avant cette échéance… »

Hervé Bombrun
@Lafrancecycliste