Lamiraud

François Lamiraud
Credit photo Fred Machabert/Yves Perret Medias

47 km 346 !

 

C’est la marque à laquelle va s’attaquer samedi sur le Vélodrome « Stab » de Roubaix, François Lamiraud.

 

Le coureur du Team Vulco Vaulx-en-Velin va en effet tenter de battre le record de France de l’heure détenu par Roger Rivière depuis 1958.

 

Ce sera une bataille de « Stéphanois » contre « Stéphanois » ou presque. « Je suis né à Marseille, explique le coureur Vaudais à France Cyclisme, mais j’habite depuis des années à Sorbiers, dans la banlieue de Saint-Étienne. »

 

« Sainté », la capitale du cycles, là où est gardé précieusement le vélo avec lequel le « maître » Rivière avait établi sa marque il y à cinquante sept ans. Une merveille qui se trouve exposée au Musée des Arts et d’Industrie de la ville.

 

« J’y suis allé il y a trois semaines, rapporte encore François. J’ai vu son vélo, et j’ai été encore plus impressionné par l’exploit qu’il avait réalisé, quand on voit son vélo. Roger Rivière était en plus champion du Monde de poursuite cette année. Il avait utilisé à Milan un vélo avec des tubes ronds, des roues à rayons droit, un braquet de 53×15. C’était une machine. » Un mythe qui est resté « vivant » à Saint-Étienne, et est toujours dans les esprits des années après son décès.

 

« C’est simple dans cette ville, il y a deux « icônes », ce sont les Verts de l’ASSE, et Roger Rivière, explique Lamiraud. On a l’impression que ce coureur est toujours vivant à « Sainté », tout le monde m’en parle depuis que j’ai annoncé ma tentative contre le record de l’heure français. Qui de son anecdote, qui de sa petite histoire personnelle avec lui. » Mais samedi, c’est François qui va tenter d’écrire et de graver dans le marbre la sienne.

 

« J’ai passé six mois merveilleux à préparer cette tentative, dit-il, c’était fabuleux. Une grande aventure. L’idée me titillait depuis pas mal de temps. On a commencé un jour à en parler de manière informelle avec Michel Meunier, puis de façon plus poussée voici trois ans. » Le déclic ? Une émission d’une heure qui a retracé le record avec un vélo «traditionnel » de Chris Boardman. « Voir sa façon de préparer cette tentative de la part du Britannique, poursuit l’ancien sociétaire du CAC 41 de Blois, m’a donné des frissons. Sa mise en œuvre, la minutie que cela réclamait dans de nombreux domaines, la mise au point, l’approche mental avant et pendant l’effort. J’ai eu envie de vivre ça moi aussi, ce frisson de cet effort qui est à la fois, et c’est assez paradoxal, court et long. » Un effort sur lequel le coureur de Régis Auclair se projette désormais, à « J+3 » de sa tentative.

 

« J’ai une idée de la marque que j’aimerais faire, mais par superstition, je ne veux annoncer aucun chiffre. Maintenant établir un nouveau record de France sur l’heure ce serait l’apothéose. J’arrive sur la fin de ma carrière, et la piste a été mon premier « amour » en qualité de coureur. C’est beau d’y revenir de la sorte. Je sens en plus que ma tentative intéresse, le public, les médias du coin et ceux plus lointains, comme à Blois ou j’ai fait une partie de ma carrière, ou Limoges ou mes parents résident désormais. Ce qui plait aussi c’est le fait que ce soit un coureur amateur qui s’attaque à cette marque. » Un coureur amateurs qui a fait partie de nombreuses années durant du Pôle Espoirs de Saint-Étienne, dirigé par un certain Dominique Garde, et qui lorsqu’il était plus jeune, allait rouler sur la piste de Méons, quartier périphérique de Saint-Étienne, laquelle porte… le nom de « Roger Rivière ». Un sacré signe du destin qui ne s’invente pas, non ?

 

 

 

Hervé Bombrun