VIRGINIE-CUEFF10_1-BISVous étiez énervée sur cette série de repêchages ?

 

Je l’étais depuis le début en fait, c’est difficile de faire tout le temps de disputer ces matches de repêchages, car cela mange beaucoup d’énergie, mais moi j’adore cela lorsque se présente à moi en quelque sorte ma dernière chance. Je donne tout car je me dis après c’est fini, terminé bye, bye et ce n’est pas possible. Là j’ai tenté un truc.

 

Lequel ?

 

Je savais que Morton avait pris un coup au moral lors des 16es de finale, et que la Chinoise est très explosive mais n’a pas de fond. Je leur ai tapé dès le début dans les nerfs, j’ai attendu le moment où cela ralentissait pour y aller.

 

Les 8es demain ?

 

Cela va être dur, je le sais. C’est ça le haut-niveau, je vais tout donner. Je vais me donner à fond, ne rien lâcher, à moi de courir intelligemment et de saisir les moments d’inattention de mon adversaire. Il faudra être que je sois sur le mode « on » de A à Z.

 

La chute en keirin avec la néerlandaise, vous pouvez nous raconter ?

 

On se tassait depuis pas mal de mètres, c’est la course. Elle est rentrée totalement dans mon couloir dans le virage, et là je sens que mon vélo monte d’un coup. Je ne le contrôle plus, j’essaye de le ramener en bas de la pente côté gauche. Mais cela ne répond pas. Je n’y arrive pas. Je sais que quelqu’un est à côté de moi, je vois la « balu » arriver, et je me dis « Mon Dieu, elle va passer par-dessus ! » Tant mieux pour elle a eu le réflexe de rouler dessus, et n’est pas tombée. Mais j’ai juste glissée, je n’ai pas eu d’échardes. J’ai perdu le contrôle en fait, je ne me souviens plus de tout. Je sais juste que juste que je suis tombée, que j’ai tapé le casque, et que je n’avais rien de cassé. J’ai pensé au repêchages du keirin dès que je me suis relevée, le médecin me disait : « il faut arrêter de pédaler, j’avais un gros hématome au tibia ». Mais non, je devais y retourner ».

 

 

Hervé Bombrun

crédit photo FFC – Patrick Pichon