Piste – Équipe de France – Sprint – Élite femmes – Mathilde Gros

Piste – Équipe de France – Sprint – Élite femmes – Mathilde Gros

Tout va vite pour Mathilde Gros, dans un sens comme dans l’autre.

La jeune Provençale licenciée à l’US Créteil a en effet goûté aux joies répétées en ce début d’automne avec une deuxième place obtenue lors des Championnats d’Europe Élite à Berlin. « Cette médaille d’argent, cette place derrière Kristina Vogel, dit-elle, c’était comment dire « ouah » ! Je ne m’y attendais pas ! » Comme si, un peu, tout ce qu’elle touche se transforme pour Mathilde en performance. Chose qu’elle a confirmé en Coupe du Monde quelques semaines plus tard, avec l’obtention de son premier podium en vitesse individuelle dans le cadre d’une manche de Coupe du Monde à Pruszkow en Pologne. « Battre la Russe Anastasia Voivona, je ne pensais pas que c’était possible de le faire », ajoute-t-elle.

Elle a fait tomber une nouvelle barrière ce jour-là, franchie un nouveau palier. « J’ai pris de l’expérience », résume-t-elle. La Pologne c’est aussi cette chute en keirin dont elle rappelle les circonstances. « Je n’ai rien vu venir, dit-elle. Une fille qui était sur ma gauche tombe devant moi, je ne l’ai pas vue et elle m’a fauchée. Après je ne me rappelle plus. Le seul souvenir que j’ai c’est juste après quand j’ai été allongée par terre et que Herman est venu me parler. Sur le coup je n’ai pas senti que j’avais quelque chose, c’est juste lorsque je me suis relevée et que j’ai vu mon épaule tomber, avec une bosse dessus que j’ai compris que j’avais un souci. » Opérée de l’épaule gauche voici trois semaines, Mathilde est ensuite rentrée chez ses parents dans le Sud. « Cela m’a fait du bien, explique-t-elle, car cela faisait longtemps que je n’étais pas allée quinze jours de rang chez moi. Mais d’un autre côté ce n’était pas normal non plus dans la mesure où je n’aurais pas dû être à cet endroit mais sur mon vélo pour disputer une compétition, m’entraîner. » Un entraînement justement qu’elle a repris en douceur il y a quelques jours en refaisant un peu de musculation avec des mouvements appropriées à sa convalescence et des séances de Wattbike. « Je revois le chirurgien dans trois semaines, et si tout va bien, j’aurais alors le feu vert pour recommencer à rouler sur la piste. Je vais rester à la corde, ne pas monter aux balustrades. Ce sera une reprise, histoire de retrouver des sensations. Il va falloir éviter dans un premier temps éviter tous les dangers au maximum », explique Mathilde qui a reçu après sa chute via les réseaux sociaux de nombreux messages de la part des autres sprinteuses et notamment Kristina Vogel qu’elle avait affronté en finale des Championnats d’Europe élite femmes à Berlin au mois d’octobre. « Kristina c’est l’adversaire à essayer de battre, le cap à passer si je veux accéder à des belles performances sur les grandes compétitions et les Jeux Olympiques. Ce sera dans le futur l’une de mes adversaires de taille. Elle est Championne du Monde et Championne Olympique, et quand je parviendrai à la devancer, répète Mathilde, cela m’ouvrira les portes des podiums sur les grandes compétitions internationales ». Mathilde Gros comprend aussi vite qu’elle avance…

 

 

Hervé Bombrun

© FFC Patrick Pichon