Ministre des sports de la France, Roxana Maracineanu a tenu à rencontrer Mathilde Gros après la belle qu’elle a disputée face à Doria Shmeleva pour la place de 3e et 4e de la Coupe du Monde de vitesse individuelle élite femmes de Saint Quentin-en-Yvelines. « La Ministre m’a félicité, elle m’a dit aussi qu’elle était super fière de moi. Que ce type de déconvenue, d’échec elle aussi durant sa carrière de haut-niveau, l’avait connu de tels moments. Elle a ajouté que ce que je réalisais à mon âge, c’était déjà super bien. Que je devais continuer à croire en moi. Elle m’a avoué être épatée par tout ce que je réalise. Tout cela m’a fait plaisir surtout venant de la part de la ministre des sports de notre pays, qui de surcroît a été sportive de haut-niveau. Ses mots ont donc du poids ».

 

Des mots forts qui ont fait passer la déception. Qui ont atténué quelque peu cette décision du corps arbitral, lequel a disqualifié et ôté sa victoire à la Championne d’Europe de keirin « être sortie du couloir des sprinters», à l’occasion de son deuxième match face à la Russe, championne d’Europe de vitesse individuelle. Les compteurs ont donc remis à égalité sur tapis vert. Mathilde qui avait porté le maillot de notre pays en triomphe, a dû se concentrer de nouveau pour remonter quelques minutes dans l’arène du « Vélodrome National », afin de disputer cette belle qu’elle a finalement concédé. « Je ne suis pas triste, il y a beaucoup d’émotions à gérer. Il me faut maintenant rebondir sur les prochaines manches de Coupes du Monde, et notamment le keirin demain », disait la jeune Provençale.

 

Une disqualification qui lui a « donné la rage » pour la suite de la compétition à Saint Quentin-en-Yvelines, et sur les autres vélodromes sur lesquels elle va courir ces prochaines semaines. « J’ai envie de ramasser maintenant toutes les possibles, et de ne pas en laisser aux autres. Je suis Championne d’Europe de keirin, et je vais faire tout ce qui est mes moyens afin de me montrer digne, demain, de ce maillot, de la FFC qui nous accompagne, et de mon pays, la France. J’espère que je vais montrer de belles choses ». Revenant sur cet incident de course qui lui a coûté très cher, Mathide a avoué, avoir vu « (Qu’elle) était sortie du couloir. Mais pour moi, à ce moment-là, la Russe était derrière moi. Je ne pensais pas être déclassée, car cela ne la gênait pas. Mais maintenant c’est le jeu, c’est la règle du sprint. C’est ainsi. J’ai failli en plus tomber lors de la belle. Shmeleva est montée à un moment, et j’ai voulu l’impacter. Mes deux roues ont glissé, et je me suis fait très peur. Je me suis retrouvée sur la selle en catastrophe tout en bas. Je n’avais alors plus le choix, il fallait ensuite que je lance mon braquet. » Une fin decjournée toute en intensité et en émotion donc pour Mathilde qui ne veut retenir que les faits. « J’ai, pour moi, battu deux fois Shmeleva ici. Elle m’avait battu deux fois à Glasgow, mais cela me donne une forte confiance en moi. Je sais que je peux la battre, en plus ici, elle marchait beaucoup plus fort qu’en Écosse. Il n’y avait pas eu match entre elle et moi là-bas, ici elle a pris une manche à Stéphanie Morton qui a terminé deuxième des Championnats du Monde de vitesse individuelle 2018. Shmeleva est Championne d’Europe, et maintenant je sais que c’est possible de la battre. » Et les perspectives changent forcément.

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo – Hervé Bombrun