Piste  – Championnats du Monde – Apeldoorn – Sprint – Vitesse individuelle élite femmes  Mathilde Gros

Piste – Championnats du Monde – Apeldoorn – Sprint – Vitesse individuelle élite femmes Mathilde Gros

La seule qui peut être déçue c’est Mathilde Gros, car pour ce qui est de son engagement, du courage dont elle a fait preuve depuis sa chute à Pruszkow elle est en droit de l’être et profondément. Mais hormis elle et le staff de l’équipe de France, personne n’a le droit de l’être. Car au fond qui sait ce qu’elle a vécu, enduré pour remonter dans un premier temps sur son vélo, recommencer à tirer normalement sur son guidon pour faire un effort, puis ensuite être présente aux Championnats du Monde sur piste 20018, à Apeldoorn. On ne peut-être qu’’admiratif devant cette « môme » tout juste sortie des rangs juniors. « Claquer » un sixième temps mondial sur deux cents mètres lancé après des mois sans compétition, c’est l’indice que derrière la « perf » chronométrique il y a du champion qui sommeille en elle. Personne n’en doute, sauf que l’attente et la pression que la jeune fille subit est énorme, alors ne jetons pas « l’eau du bain » Mathilde Gros parce que notre triple championne du Monde juniors a buté en 8e de finales sur la Hollandaise Van Riessen !

 

 

 

 

Ce coup de canif dans le contrat qu’elle a mis à son corps défendant dans son ascension vers les sommets sera vite oublié, promis. Ce ne sera dans quelques mois, quelques années qu’un chapitre que l’on revisitera à la hâte, sauf que pour Mathilde, la conquérante, ce moment est dur à vivre. Martyrisant, comme sa blessure à l’épaule a pu l’être. « Elle est déçue, nous le sommes aussi, soufflait Herman Terryn, entraîneur national du sprint, car ce qu’avait fait en termes de résultats Mathilde avant sa chute nous laissait espérer de belles choses. On s’était mis en tête des objectifs, nous les avions encore en venant ici. Mais elle est tombée sur une hollandaise déchaînée en 8e, qui était poussée par son public. Il s’en est fallu de rien. Mais elle signe tout de même le 6e temps mondial sur 200, en sortant juste des juniors, et après une blessure de plusieurs mois. Elle est dans le peloton de filles les plus rapides au monde. Je tiens d’ailleurs à saluer son courage, sa ténacité après sa blessure. Il n’a jamais lâché. On a tout fait pour la mettre dans les meilleures conditions, mais ce qu’elle a fait ces derniers mois c’est une vraie lutte contre le temps ». Avec des allers-retours pour consulter chez le chirurgien qui l’avait opéré des séances de kiné quotidiennes, (« elle a encore deux mois de rééducation », précisait Herman). Elle n’est pas passé à travers physiquement ici, et je pense qu’elle va rebondir rapidement. Il va lui falloir digérer les semaines qui viennent de s’écouler, la pression qui l’entoure. Mathilde va rebondir et dès dimanche dans le keirin, mais à nous maintenant de la mettre au repos jusqu’à cette prochaine échéance ». Car Mathilde Gros n’a pas dit son dernier mot sur ce mondial 2018. Même les jeunes Championnes ne meurent pas si facilement. Qu’on se le dise !

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon