Manager de la filière piste à la Fédération Française de Cyclisme, Bruno Lecki effectue un tour d’horizon des chances tricolores sur le mondial d’Apeldoorn, aux Pays-Bas, lequel débute demain. « On est sur des dimensions différentes, car suivant les groupes on n’a pas du tout la même optique », explique-t-il en préambule avant de détailler un peu plus.

 

Endurance

 

Poursuite par équipes, course en peloton femmes

 

« On est dans une optique de travail de développement afin de progresser dans le ranking international en poursuite par équipes, c’est pour cela que nous avons intégré après Marion Borras l’an passé, deux nouvelles jeunes athlètes qui sont Marie Le Net- encore juniors – et Valentine Fortin. Elles seront encadrées par Laurie Berthon et Coralie Demay, deux athlètes qui possèdent une grande expérience. On travaille sur la construction d’une équipe type en poursuite par équipes, même si rien n’est défini. Valentine Fortin est malgré son jeune âge présente sur les courses en peloton, tandis que Laurie et Coralie ont enregistré de bons résultats cet hiver en Américaine, notamment sur les manches de Coupes du Monde. Mais on est vraiment sur un mode construction pour la grande majorité des athlètes. »

 

 

Hommes

 

Poursuite par équipes

« Corentin Ermenault est en phase de reprise, et il ne dispute pas ce mondial. On sait très bien que ce coureur est un « moteur » en poursuite par équipes, maintenant c’est aussi l’occasion pour nous de tester, de voir d’autres dispositifs et de tenter de maintenir un résultat avec une équipe plus jeune mais qui conserve aussi certains de ses cadres comme Florian Maître. Cela va forcément demander à certains coureurs d’élever leur niveau comme Aurélien Costeplane, Adrien Garel, ou Louis Pijourlet et de montrer qu’ils ont la possibilité et leur place afiin d’intégrer cette équipe. On reste d’ailleurs ambitieux pour aller chercher une belle performance collective ».

 

Les épreuves en peloton

« Morgan Kneisky c’est une valeur sûre, un des piliers de l’équipe même s’il n’a pas eu un programme de route du fait de l’arrêt de son équipe. Il a bien travaillé à l’entraînement, durant les six-jours cet hiver. Morgan et Benjamin Thomas- qui lui est double champion du Monde en 2017 – sont les deux leaders du groupe endurance France. On compte évidemment sur eux, Benjamin est aussi membre de la poursuite par équipes. Adrien Garel est champion d’Europe du scratch élite, et il peut nous réserver une belle surprise. Le scratch est une course un peu aléatoire, il faut se montrer, rusé, malin, Adrien en a été capable à Berlin lors des derniers Championnats d’Europe. Il est également professionnel sur route chez Vital Concept, il a couru sur route, tout comme Benjamin qui est aujourd’hui à la FDJ.

 

Sprint

 

Hommes

 

« On a axé cette saison sur un mix entre la jeune génération et nos athlètes confirmés. L’idée est vraiment d’aller sur à la fois une optique de travail, et de résultats. On nourrit des ambitions avec ce groupe également. La vitesse par équipes est une discipline phare en France, notre but est d’accrocher le dernier carré. On peut également compter en individuel sur Sébastien Vigier, François Pervis, mais aussi sur Quentin Lafargue et Michaël D’Almeida en keirin et sur le kilomètre, dont le champion du Monde en titre est François, et Quentin médaillé d’argent. On a aussi sélectionné deux jeunes sprinters : Rayan Helal et Melveen Landerneau dans le but qu’ils prennent de l’expérience, qu’ils construisent en vue de l’avenir. Rayan découvre cette année la catégorie élite, il arrive dans cet univers les yeux grands ouverts à chaque fois, mais il sait aussi répondre présent. Il vient avant tout à Apeldoorn pour prendre, prendre de l’expérience et dipsuter deux-trois beaux matches. C’est pareil pour Melveen qui est à peine plus âgé. Le but pour tous deux de passer le plus de tours possibles. »

 

Femmes

« Avec Mathilde Gros on est toujours un peu plus à repousser les limites, mais suite à sa chute en Coupe du Monde, à Pruszkow, en Pologne, les ambitions étaient un peu revues à la baisse au départ. Mais là, on se rend compte qu’elle revient vite. Elle s’est rapidement remise en « route », mais n’oublions qu’elle est jeune, qu’elle a besoin de pratique à haut-niveau et que de surcroit elle sort d’une blessure même si cela se passe plutôt bien pour elle. Il faut tenir compte de ses possibles appréhensions. Elle est engagée sur la vitesse et le keirin. On ne veut pas lui mettre de pression. On souhaite juste qu’elle fasse pour le mieux, enchaîne les matches, qu’elle acquiert de l’expérience, vive de grands événements afin d’exprimer au mieux ses énormes capacités ».

 

 

Hervé Bombrun