]France Cyclisme : Peux-tu nous raconter ta finale, Sébastien ?

Sébastien Vigier : « Au début, lorsque cela s’écarte, j’y vais sans y aller. Je vois l’Anglais qui fait l’effort devant moi, et je pense à cet instant-là, je ne vais pas me battre pour prendre la tête de suite ! Je n’y suis pas allé. J’étais dans la roue de Buchli ce qui était bien, mais je n’ai pas été patient. Quand j’y suis allé, lorsque je suis sorti de sa roue, je me suis fait empaqueter. J’ai été à contre-temps tout le temps ».

 

FC : Jusque-là le tournoi c’était super bien passé ?

SV : « Et c’est justement le problème pour moi quand le tournoi se passe ainsi, en me qualifiant sans trop forcer grâce à ma tactique, je suis ensuite un peu « endormi » sur ce plan-là. Je n’ai pas les réflexes, je ne prends pas les décisions assez rapidement, ou franchement. C’est ma première finale sur un Championnat du Monde, c’est une belle performance, mais je ne suis pas content. Je me sens bien, et je vais aller chercher une autre médaille en vitesse individuelle. Ici, sur ce keirin j’ai couru en quarts et lors de la demi-finale pour me qualifier c’est différent de courir pour la gagne. ».

 

FC : C’est ce qui t’a manqué en finale ?

SV : « Oui, je ne suis pas parvenu à switcher ces automatismes. Je sais prendre des décisions vite en keirin, je l’ai sur les Championnats d’Europe, sur les manches de Coupes du Monde en étant le patron de la course. Mais sur cette finale je n’ai pas su être le patron de la course, c’est la raison pour laquelle je ne gagne pas. C’est ce qui me manque. Je me sentais bien, j’avais les jambes dans la finale. Après c’est un keirin, on peut courir dix fois la course, ce ne sera jamais le même vainqueur au final. Il y avait de la densité, et c’est à celui qui fera l’effort au dernier moment. Et ce n’était pas moi. Quand l’Anglais y est allé alors que je voulais faire de même, j’ai été un peu perdu ».

 

 

Hervé Bombrun