Toujours plus vite ! L’Équipe de France de poursuite par équipes a su encore une fois hisser son niveau lors du deuxième tour des championnats du Monde sur piste 2015, disputés sur le Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines dans le temps de 3 mn 58 sec 616.

 

Nouveau record de France, le deuxième en l’espace de vingt quatre heures ! Coquard, Duval, Gaudin et Morice sont en plus parvenus pour la toute première fois dans l’histoire de la discipline en France, à passer sous le seuil des quatre minutes en course. Une marque référence qui va servir pour l’avenir, car n’oublions que ce groupe qui est né voici quelques semaines, et est donc encore en reconstruction. Et que seulement quelques fondations ont été posées même si elles sont d’évidence solides ! L’Équipe de France a pu aussi réunir quatre « gros » moteurs avec le concours des équipes professionnelles Europcar, Ag2r la Mondiale et l’Armée de Terre qui ont joué la carte tricolore, et ont été payées en retour aussi par l’exposition de ce mondial piste en France. « On avait pour objectif de battre le record de France hier, et de descendre sous la barre des quatre minutes aujourd’hui, expliquait Steven Henry, le coach de l’équipe de France d’endurance. Maintenant il faut marquer le maximum de points dans la perspective des quotas pour les Jeux de Rio, lesquels ont débuté avec les championnats d’Europe en Guadeloupe cet automne, et vont courir sur une dizaine d’épreuves. Mais c’est aux championnats du Monde qu’il y en a le plus à prendre. Alors on va essayer d’en prendre le plus possible. »

 

Une douce euphorie régnait encore dans le box de l’équipe de France grâce à cette nouvelle équipe de « mousquetaires », emmenée par Damien Gaudin qui outre le fait de pédaler vite, a su assener des phrases chocs. « On a gagné environ quinze secondes hier par rapport aux dernières marques françaises sur le plan international, là on est à trois secondes des Britanniques. Cela nous démontre que rien n’est impossible, que nous français on peut y arriver. Nous avons comme eux, deux jambes, mais il faut aussi continuer à travailler. On voulait faire 4 mn 03 sec en qualifications, et fait 4 mn 00 avec un braquet sur lequel nous étions un peu en survitesse. On a donc mis plus gros aujourd’hui. On ne va plus gagner autant de temps maintenant, mais il faut continuer dans cette voie, insister, on peut aller encore un peu plus vite, mais cela passe par le travail, des choses aussi à voir et à régler. » Il y a de l’envie au sein de ce groupe. Une forme d’union sacrée, qui a été scellée aussi par un public qui donne la chair de poule quand il pousse ses coureurs à chaque montée en piste des tricolores.

 

« On est à trois secondes des meilleurs, on a touché du doigt quelque chose et on voit désormais que c’est accessible », lâchait lui aussi, Julien Morice. « On fait des tours à 14 secondes 5, ce soir on a été encore plus vite qu’hier. C’est la leçon qu’il faut tirer. »

 

Un groupe poussé par Bryan Coquard qui a eu la «caisse » de prendre par deux fois un tour et demi de relais !

 

« Quand on a voulu fixer un tableau de marche pour passer sous la barre des quatre minutes, rigolait «le Coq », Steven Henry n’avait pas les données. Il a fallu qu’il sorte ces carnets, calcule les cadences que nous devions avoir ! On est quatre ce soir à avoir réalisé cette performance, mais le groupe doit-être élargi. Je pense à ce sujet à Corentin Ermenault qui était déçu de ne pas être de ces championnats du Monde, de louper cette fête, et je comprends ce qu’il ressent. Mais il est encore jeune. J’ai une pensée pour lui au passage, mais demain il sera peut-être à la place de l’un de nous, de moi peut-être car c’est un moteur. Il faut construire un groupe poursuite par équipes. L’étoffer, la France aura besoin de toutes ses forces vives pour se qualifier pour les Jeux de Rio. Il faut faire de ce projet poursuite par équipes en France, un projet d’avenir et construire sur ce que nous venons de réaliser ce soir. On est reparti sur un acte fondateur d’avenir, il faut continuer à avancer, à le faire progresser». Toujours leader dans l’âme, « Le Coq » !

 

Hervé Bombrun