François Pervis FFC - Patrick Pichon

François Pervis
FFC – Patrick Pichon

François Pervis marchait sur l’eau l’an passé, cette année il a clamé, avec véracité, que son hiver était « pourri », et pourtant le Mayennais a enchaîné en deux jours de compétition son deuxième titre de champion du Monde sur piste, ajoutant à sa collection une troisième couronne sur le kilomètre !

 

Le sixième en tout, la marque des plus grands incontestablement.

 

C’est ce qu’est François dans son sport, la trace qu’il va laisser est celle-ci. Géante.

 

« J’ai jeté un œil ce matin sur internet que j’avais avec cinq titres de champion du Monde à titre individuel à mon actif, et de fait égalé avec mon succès sur le keirin mes aînés que sont Florian Rousseau, Arnaud Tournant, ceux qui étaient le moteur du sprint en France que je suis arrivé à l’INSEP, ceux qui m’ont aussi tout appris. J’avais l’occasion de les dépasser avec une sixième victoire. C’est fait. Je suis content.»

 

Mais François avoue sans fards que sa « borne » 2015 a été dure, plus dure que celle de Minsk, en 2013, ou enfin, il était parvenu à monter sur le toit du monde, plus dur évidemment que celle de Cali, où il était intouchable au sortir d’un double record du monde sur 200 mètres lancé et le kilomètre.

 

La légende Pervis a commencé à s’écrire là, elle est encore en marche, car ce qui est plus fort que le physique chez le Mayennais c’est bien le mental. Sa force réside là. Nul doute. Son expérience aussi est un facteur favorisant. « J’ai tout fait pour ne pas me laisser emporter par le public, car cela aurait été facile de faire, vu la superbe ambiance qui règne dans ce Vélodrome National depuis le début de ces championnats du Monde. Je me suis concentré sur mon pédalage, tirer, pousser, tirer, pousser. Mon dernier tour n’a pas été le plus académique de ma carrière, mais je me suis tenu au fait que j’avais de l’avance sur mon dauphin. Il se réduit mais il reste là, je sais qu’il arrive sur mes talons qu’il est jeune, mais j’ai encore un peu de marge. L’important de toute façon reste la victoire. »

 

Une victoire que Pervis voulait il y a quelques mois ponctué d’un nouveau record en étant le premier homme à descendre sous la minute sur la borne au niveau de la mer sur un championnat du Monde.

 

« Je l’ai fait à l’entraînement déjà ici, l’an passé, mais tant pis… »

 

L’essentiel cette année est ailleurs, dans cette continuité à haut-niveau malgré la maladie, les doutes, les chutes. Une victoire exutoire presque ce kilomètre quand il a soulevé son vélo. « C’était pour remercier Look et Mavic qui nous fournissent du super matériel tous les ans, dit François. Moi, mon vélo c’est ma vie, c’est tout pour moi. On vit presque une histoire d’amour tous les deux, et c’est pour tous les gens qui travaillent pour nous dans l’ombre, qui nous aident de part leur savoir à aller chercher de telles victoires que je l’ai fait ce geste ». Des victoires ? Ne vous inquiètez pas Francçois en veut encore. Il a replongé dans son marathon du sprint comme l’an passé. Il est encore dans les temps de passage avec deux titres obtenus sur trois. « Un sprinter de toute façon, conclut-il, n’est jamais rassasié. Si c’est le cas, il n’est plus sprinter ! »

 

 

Hervé Bombrun