Podium-poursuite-indiviedulle-hommePhilippe Ermenault et Francis Moreau ne sont plus les deux derniers médaillés français aux championnats du Monde de poursuite individuelle.

 

Les deux Picards ont trouvé leur successeur en la personne de Julien Morice, médaillé de bronze aux championnats du Monde UCI 2015 au Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines.

 

La France a attendu dix-sept pour connaître un podium sur cette magnifique discipline de rouleurs. L’attente est un peu plus faible pour l’accession en petite finale, pour la place de troisième, puisque le dernier en date était Jérôme Neuville, en 2001 à Anvers. Cela datait un peu aussi !

 

« J’ai l’habitude de rouler sur la route pour mes sprinters, et quand ils gagnent cela me fait plaisir, indique l’homme de train de Bryan Coquard et Thomas Boudat, qu’il a connu au Vendée U, avant de rejoindre l’équipe Europcar. Leur montrer que je suis capable de rouler vite en poursuite sur un championnat du Monde doit leur faire aussi plaisir. Cette médaille est extraordinaire. J’ai fait un super temps en qualification, ce soir le but était de battre mon adversaire pour gagner le bronze.

 

Le public joue un rôle moteur, on s’en rend moins compte quand on court en poursuite par équipes car on est concentré, mais en individuel ça aide beaucoup. Quand on commence à avoir mal aux jambes, les spectateurs continuent à nous encourager, et cela pousse.

Nos résultats en poursuite par équipes et en individuel ne m’étonne pas car nous avons de bons coureurs en France, le seul souci c’est que la piste ne permet pas aux athlètes de vivre. Il faut faire de la route pour gagner sa vie, et après on peut si on en a l’occasion revenir sur piste. Mais c’est vrai que ce que nous avons fait cette semaine est exceptionnel. »

 

Un retour au premier plan qui s’est fait en quelques mois. « Avec la route en plus, Julien va prendre du volume, de la force, on pourra peut-être mettre encore un peu plus de braquet l’an prochain, souffle Steven Henry, entraîneur national de l’Équipe de France d’endurance. Quand je vois le Suisse, je me dis qu’il devait avoir un braquet de 50×13, ou 51×13. On va peut-être aussi travailler un peu plus avec lui l’individuelle, car là vu le peu de temps que nous avions devant nous, nous nous sommes focalisés sur la poursuite par équipes. Mais la poursuite par équipes ce n’est pas le même type d’effort que l’individuel. On est à 120% de PMA en poursuite par équipes, seul le coureur est un peu en-dessous. »

 

Septième en individuel, médaillé avec Morice, Steven, « ne s’attendait pas à ce que les choses aillent si vite, explique-t-il. Ça va vite, maintenant j’espère que cela va en motiver d’autres à nous rejoindre plutôt que de les effrayer. C’est ma première médaille dans un championnat du Monde, mais elle a été retardée d’une heure du fait du déclassement de Pascale en scratch. Là, on finit sur une victoire. On gagne un match avec Julien. C’est bien de finir comme ça. »

Car cela donne encore plus envie d’aller de l’avant, quand on finit le premier chapitre d’histoire en cours sur une note positive.

 

 

Hervé Bombrun