Mathilde Gros et Herman Terryn sont allés chercher ensemble cette médaille de bronze en vitesse individuelle
Photo: FFC-Patrick Pichon

Entraîneur de Mathilde Gros, Herman Terryn revient sur la performance de la jeune sprinteuse tricolore, ici, en Pologne.

 

 

France Cyclisme : Quel regard portes-tu sur cette médaille, Herman ?

Herman Terryn : « Mathilde a montré très vite de belles choses dès sa sortie des rangs juniors, mais à cette époque-là, nous étions dans des années pré-Olympiques, avec un peu moins de niveau. Des filles de retour des JO, leur niveau a augmenté, et Mathilde a continué à progresser, mais des fois, elle s’est retrouvée en second rideau. Mais elle a su se remobiliser, après il y a cette chute à Pruszkow, en keirin, cette tournée de keirin au Japon qui lui a permis dans la foulée de remporter les Championnats d’Europe à Glasgow. Et il y a eu un hiver très dur qui va lui apporter beaucoup pour la suite. On a trouvé les solutions, et tout est allé de suite beaucoup mieux. Elle a retrouvé la forme, et là je retrouve la Mathilde que j’ai connu il y a un an. Elle retrouve sa place. »

 

 

FC : Et cette médaille ?

HT : « C’est ce que l’on va retenir, mais après sans faire la fine bouche, il y a aussi tout ce qu’elle a démontré au cours de ce tournoi de vitesse individuelle élite. Il y a derrière les JO, il faut montrer le niveau, cela passe du physique qu’elle avait, mais il faut aussi prendre en compte tout l’aspect technique. Et les matches face à Lee, Morton, on ne peut les reproduire durant la saison. Et le peu de matches que Mathilde dispute face à ces adversaires, elle doit s’en servir. Les bonifier. Elle nous a effectué sur ce tournoi de vitesse très peu de fautes. Ce n’est pas hasard si elle met un difficulté Lee en demi-finale, elle a vraiment monté son niveau. Cela a été deux matches références pour moi. Lee est une grande favorite des Jeux, et Mathilde l’a mis dans la difficulté, et nous devons encore effectuer des petits détails à améliorer afin que Mathilde devienne la sprinteuse numéro un mondiale. »

 

FC : Quels ajustements ont été effectués au cours de cet hiver ?

HT : « Il s’agit de la sur-sollicitation de manière générale, dans sa vie de tous les jours. Elle a les médias, elle est étudiante, elle a dû passer son permis de conduire. On a analysé la situation, et le constat dressé c’est qu’elle était sur un rythme qui ne lui permettait pas d’accepter correctement l’entraînement et d’arriver à haut-niveau. Si on avait continué sur ce rythme-là, elle n’aurait fait que régresser. Une fois que l’on recadré cela, tout est allé mieux. On a aussi la chance que la FFC nous suit, et nous a donné l’occasion de partir rouler à Nouméa, au chaud. On a cassé là-bas, la routine. Cela a fait du bien à tout le groupe. C’est un investissement couteux, mais on a travaillé dans d’excellentes conditions en Nouvelle-Calédonie. Les résultats ici démontrent que notre stratégie a été bonne, et derrière on en récolte les fruits aujourd’hui. Et c’est intéressant pour la suite et la confiance des coureurs à l’avenir ».

 

 

Hervé Bombrun