Le coureur de la formation Groupama-FDJ a offert à l’équipe de France sa cinquième médaille sur ce Championnat du Monde piste 2019, à Pruszkow, et la première pour le groupe endurance de Steven Henry qui a accumulé la malchance depuis le début des compétitions. La roue a enfin tourné pour eux.

 

 

France Cyclisme : Benjamin, peux-tu nous raconter ce qu’il t’arrive lors du scratch ?

Benjamin Thomas : « Je perds sûrement un titre de Champion du Monde sur un incident de course. Je me fais en effet rentrer dedans par le Hollandais Van Schip, à trois tours de l’arrivée. Il casse ma roue arrière, je déchausse. Je termine avant dernier de ce scratch, et quand on démarre un omnium avec un point après la première épreuve, j’aurais signé pour investir le podium, mais bon quand je vois le déroulement de la course aux points cela me laisse forcément beaucoup de regrets. Je suis partagé ce soir entre le sentiment de ramener une médaille pour la France, mais c’est quand même un gros regret que de finir deuxième. Je me suis entraîné tout l’hiver pour ce jour-là, pour cette épreuve, et je perds le titre sur un accrochage avec un autre concurrent. C’est frustrant ».

 

FC : Mais tu réalises tout de même un exploit extraordinaire ?

BT : « Oui, là je réagis à chaud, mais peut-être que demain j’aurais relativisé. C’est tout de même une très belle médaille, il ne faut pas être frustré non plus. Je dois retenir le côté positif des choses, ici, c’était une étape avant les Jeux de Tokyo, et j’ai validé pas mal de choses. J’ai aussi pris de l’expérience, cela peut arriver de louper son scratch a d’autres occasions, et j’ai vu qu’il y avait derrière la possibilité malgré tout de faire de belles courses, et de revenir sur le podium. Cela va me servir à l’avenir ».

 

FC : Tu as en effet réalisé trois courses parfaites ensuite, sur la tempo race, l’élimination et la course aux points…

BT : « Cela m’a démontré qu’il ne faut rien lâcher, et qu’un jour cela va payer. Nous nous sommes dits avec Steven Henry, entraîneur national de l’endurance piste à la FFC, on oublie ce qui s’est passé sur le scratch, et on repart comme si j’étais devant dans le classement. Inconsciemment cette frustration née du scratch m’a peut-être blessé un peu, rendu plus fort aussi. J’ai fait ce que j’ai pu, on y croyait, dans le box j’ai dit avant de partir « je vais essayer de ramener le podium, mais on ne peut jamais en être certain ». J’étais motivé, et j’ai réalisé une belle performance, et je pense que d’ici quelques années ce qui restera se sont les bons souvenirs qui auront été engendrés lors ce Championnat du Monde ».

 

FC : C’est une première médaille pour le groupe endurance…

BT : « Nous sommes un groupe qui vit bien ensemble, on va dire que les collègues du sprint ont fait un super championnat jusqu’à présent. Nous, l’endurance, nous avons joué de malchance, en poursuite par équipes, les filles qui sont encore tombées lors de l’américaine, il fallait en quelque sorte conjurer le sort. Cette médaille nous fait beaucoup de bien, et on espère faire bien demain avec Bryan. Cela nous enlève la pression. Coralie va aussi disputer la course aux points, et elle peut faire de belles choses. On va de toute manière au moins repartir avec un bon souvenir de Pruszkow et c’est bien pour la dynamique de groupe, c’est ce qui nous fait avancer. Quand on va aller aux Jeux, on ira en nation, ce sera tout un collectif qui se rendra au Japon, et pour ramener des médailles il faut bien vivre tous ensemble ».

 

FC : Outre, la médaille tu as inscrit aussi de nombreux points la qualification aux Jeux sur l’omnium…

BT : « Ce n’est pas la première pensée que j’ai eu aujourd’hui, j’étais plus en mode championnat, c’est vrai que deuxième cela m’assure encore des bons points, et cela me permettra peut-être l’hiver prochain de souffler un peu sur l’omnium et de cibler davantage mes déplacements, ou viser d’autres objectifs ».

 

Hervé Bombrun