L’équipe de France composée de Benjamin Thomas (Groupama-FDJ) et Bryan Coquard (Vital Concept- B&B Hôtels) ont terminé sixième des Championnats du Monde de l’Américaine, avec le sentiment du devoir accompli. « Physiquement j’étais bien, estimait Benjamin Thomas, après cinquante tours de course toutefois, j’ai vite compris que cela allait être dur, quand on a pris un train de retard au début, lorsque quatre équipes ont doublé. On s’est mis ensuite un peu en mode survie, a essayé de boucher les cassures ». Ce que les deux français ont fait, avec courage. « Quand on voit la moyenne : 59 km /h, c’est énorme. Bryan est un grand coureur, là il trouvait qu’il avait trop petit comme braquet. Il a tenu son rang, on ne peut pas dénigrer notre performance, on finit quand même sixième d’un Championnat du Monde, poursuivait Benjamin Thomas. Bryan a marqué des points au sprint précieux, mais pour jouer la gagne il fallait-être au-dessus. Moi, j’étais un peu entamé de mes efforts d’hier, et pour Bryan cela fait peut-être un peu « violent » comme reprise, même s’il a disputé quelques courses cet hiver, des Grands Prix, arriver sur un mondial c’est très dur ». Positif, le coureur de Groupama-FDJ, estimait que la France « avait été dans le match, il nous a pas manqué grand-chose pour être devant, un peu plus de vista, peut-être, du placement sur des moments de course précis qui permettent d’être dans les roues et de ne pas prendre la cassure, et de subir. C’est dommage, c’est peut-être une médaille qui s’envole. Il n’y a pas dire c’est la faute de l’un ou l’autre, on a fait notre course, on est à notre niveau, et tous les deux nous avons fait valoir nos qualités afin d’essayer d’assurer quelque chose aujourd’hui ». Un mondial qui en plus n’était pas du même format que les manches de Coupes du Monde qui se disputent sur 120 tours, alors qu’aujourd’hui la compétition faisait 200 tours. « Cela a effectivement changé beaucoup de choses, à un moment, cela s’est trop posé à soixante tours de l’arrivée. Avant cela, il y avait des coureurs de partout, et j’aurais aimé que cela continue de la sorte. Cela me plait quand la course est explosée, et que la course se fait à la canne. Si cela avait vissé plus, cela aurait été à notre avantage, et cela n’aurait pas permis aux Espagnols, aux Anglais, les Polonais ». L’objectif de l’équipe de France et de Benjamin Thomas qui peut « doubler » aux Jeux omnium et américaine est dans un an, comme le coureur de Marc Madiot le rappelait. « On verra comment est programmé l’Américaine par rapport à l’omnium, disait-il car là faire les deux en moins de vingt-quatre heures c’est un peu dur pour moi. Si à Tokyo, il y a deux jours entre les deux épreuves ce ne sera pas de trop pour moi, je pense. Et si je suis qualifié pour l’omnium, puis l’Américaine ce ne sera pas du tout la même course en Américaine »

 

Hervé Bombrun