france-vit-equipes_1Il y avait un sentiment mêlé de frustration et de satisfaction chez les sprinteurs français au terme du match pour la 3e et 4e places des Championnats d’Europe Élite piste 2016.

 

Être passé si près du podium avait un petit goût amer qui a été vite été gommé par le parfum d’une performance prometteuse.

 

Imaginez ! Sébastien Vigier n’a que dix-neuf ans, Quentin Lafargue est âgé de 25 ans, et Kévin Sireau est le « doyen » du groupe du haut de ses 29 ans !

 

«Terminer 4e et si près du podium est toujours frustrant, déclarait Herman Terryn, entraîneur national des sprinters, mais l’équipe était inédite, composée à la fois de jeunesse et d’expérience. Il y a une très bonne dynamique au sein de ce groupe, mais cela n’a pas suffit cette fois, malheureusement.

 

Le groupe néanmoins se construit, la preuve Sébastien Vigier réalise son record sur un tour chronométré départ arrêté. Il progresse de jour en jour. On a une équipe qui se forme. Quentin bat ses records. Kévin qui a très peu de séances d’entrainement derrière lui a réalisé des temps similaires à ceux qu’il faisait aux JO, et de surcroît il y avait en face de nous de la concurrence. C’était du haut-niveau, les autres nations travaillent aussi sur la jeunesse et sont tournés vers une politique de ce type en terme de progression de leur équipe. On est 4e ce soir, mais cela reste une belle performance ».

 

Un baptême chez les Élite pour Sébastien Vigier qui évoluait quasiment sur ses terres, et surtout devant sa famille. « C’est super cool, courir avec Kévin et Quentin c’est énorme, ils ont été super cool avec moi. Ils m’ont rassuré avant la course, calmé. Je réalise aussi mon meilleur temps, je suis satisfait. Je suis encore loin des meilleurs, et je dois encore travailler ». C’est une réalité, mais le ressenti d’après course de Kévin Sireau, double médaillé d’argent aux Jeux, l’est également. « C’était une journée sympathique, derrière ma génération il y en une qui pousse et promet. On l’a vu aux France, ici, Sébastien Vigier, comme Melvin, Mathilde ou Jordy c’est une belle génération qui marche. Je peux dire en effet qu’avec toute l’expérience dont je dispose, Sébastien au départ m’a bien fait mal à la gueule (sic) ! ». La preuve que le sprint tricolore veut continuer à exister au plus haut-niveau. « On est toujours là, on l’a prouvé ce soir, résumait de son côté Quentin Lafargue. On sait que l’on a encore du travail devant nous. Il faut continuer à le faire mais on sait aussi ce que l’on doit travailler… »

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon