corentin-ermenault36_1Philippe Ermenault ne changera jamais, homme pudique il est et le restera toute son existence. C’est en effet des tribunes du Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines que le Champion de poursuite par équipes d’Atlanta en 1996 a assisté au succès de son champion de fils sur la poursuite individuelle des Championnats d’Europe Élite de poursuite individuelle. S’il y a une lignée chez les champions, Ermenault père et fils illustrent tout à fait ce legs en termes de gênes de poursuiteur. 16 après « Fifi », « Coco » a fait vibrer la foule française, le gamin à une gueule de champion, mais pas seulement. Il l’est par le talent, et son application au travail.

 

Repéré dès les juniors, il a grandi, muri et est devenu ce soir le meilleur Européen sur quatre kilomètres. Il a pour cela battu celui qu’il considère « comme le meilleur coureur de poursuite au Monde, l’Italien Filippo Ganna , je l’avais encore dit ce matin », expliquait-il. Mais la tendance ce soir s’est inversée au profit du jeune Picard. « J’avais choisi de partir fort car j’avais vu qu’il avait du mal dans sa mise en route ce matin en qualif, dit Corentin. J’ai tout donné très vite, et c’est normal que sur le final je me suis un peu « écrasé », mais l’essentiel était de gagner ». Même si c’est de trois dixièmes, peu importe cette poussière de temps. Seul le succès est beau, demandez donc à Filippo, ce qu’il en pense.

 

« Je suis un poursuiteur régulier d’habitude c’est ma force, indique encore ce coureur qui a signé son premier contrat depuis et qui annoncera son équipe la semaine prochaine. Je vais continuer à faire de la poursuite, de la piste, c’est vu avec ma future formation. Je me donne ensuite deux ans pour intégrer le grand bain chez les pros. J’ai envie de réussir aux championnats du Monde de poursuite individuelle, à Hong-Kong, mais aussi en poursuite. Ce 2e titre ici, mon 1er en poursuite individuelle aux Europe, ce n’est que du bonus. Ce que je venais chercher avant tout c’était celui par équipes, avec mes copains de l’Équipe de France ». Pistard-routier, donc, Corentin Ermenault visera aussi de belles performances sur les classiques « j’aime ces courses », dit-il encore avec gourmandise, car un avenir aussi s’ouvre à lui aussi comme routier. C’est dire la polyvalence de ce gamin âgé de seulement 20 ans, en 1996, année des Jeux Olympiques d’Atlante. Un signe du destin, non ?

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC – Patrick Pichon – +de Photos

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