Duel « fratricide » en quelque sorte, le championnat de France de poursuite individuelle juniors n’a, au final, pas changé de « bailleur » ! Corentin Ermenault a su conserver son bien face à coéquipier de club, et ami dans la vie, Adrien Garel. « Je suis parti à mon rythme en finale afin de ne pas me « cramer », disait le double champion de France juniors de cette discipline. Mon père me donnait mes temps, et les écarts avec Adrien. Il me disait plus 30, plus 20 mètres. C’était son avance par rapport à moi. Je me suis dit : « il faut en mettre un coup ». Je l’ai fait à six tours de l’arrivée, et une deuxième fois à quatre tours. » Et dans les deux derniers tours de piste, le « grand » Picard a fait basculer la course à son avantage, avec un temps final de 3 mn 25 sec 791 (contre 3 mn 28 sec 492 pour Ardien Garel). « Je remporte un deuxième titre, et je suis bien évidemment content. Mais si je n’y étais pas parvenu, cela n’aurait pas été grave du fait que le titre et le maillot tricolore serait resté dans notre comité, et dans notre club puisque nous sommes tous licenciés au CC Nogent sur Oise, Adrien et moi », concluait Corentin Ermenault, tout frais deuxième des championnats d’Europe du chrono à Nyon, en Suisse.
« On a disputé la finale à la pédale avec Coco, notait de son côté Adrien Garel. Je suis parti une fois encore trop vite, et je me suis écrasé sur la fin. On est amis, on s’est échauffé ensemble. On a disputé la finale, mais on va rentrer tous les deux à l’hôtel. C’est du sport, on a disputé cette course à fond, mais entre nous il n’y a pas de concurrence. » Un bel état d’esprit de la part du jeune Garel, beau « joueur »… tout comme Valentin Madouas, 3ème de ce beau tournoi de poursuite individuel juniors 2014. « Je n’avais pas encore fait de piste cette année. J’avais bien préparé les championnats d’Europe route, et ici c’est ma toute première compétition de la saison, mis à part quelques petits entraînements à Saint Quentin en Yvelines par ci-par là. J’étais d’ailleurs un peu stressé, tendu ce matin car j’ai longtemps hésité sur le braquet à utiliser. Et au final, ce soir, j’ai réussi à faire descendre le chrono lors de la petite finale, pour la médaille de bronze. C’est une bonne chose. Cette médaille compte tenu de tout cela n’est pas une déception, je sais maintenant que je vais préparer la piste en vue des prochaines échéances. Je me sens bien, ma victoire d’étape sur le Grand Prix Patton m’a permis de passer un cap. Mais avant de penser aux échéances continentales sur piste, je souhaite avant la fin de cette semaine ramener un maillot de champion de France à la maison ! »

Hervé Bombrun
@Lafrancecycliste