Heaven and hell ou de l’enfer au paradis!…

 

Une étape du Tour 2018 entre Annecy et le Grand Bornand, annoncée aussi bien par les spécialistes que par la presse locale comme la plus terrible épreuve jamais organisée dans le cadre du cyclisme de masse, cela valait bien le détour.

 

 

 

Et c’est avec un immense plaisir comme chaque année, que nous avons accompagné l’épreuve avec une patrouille Green Cycling ravie d’être de la fête.

Il faut dire que, depuis le temps que nous parcourons  toutes les routes du monde (si, si, de la France à l’Italie, de l’Australie à la Slovénie, de l’Espagne à Tahiti…), c’est une des premières fois où nous voyons un tel investissement des organisateurs pour que l’épreuve fasse un pas de géant en matière de respect de notre environnement, et pas que…

Avant d’entrer dans le détail, je voudrais envoyer un grand merci et une salve de félicitations à Marlène RAGOT, responsable « cyclisme » à la direction des épreuves grand public chez A.S.O. pour tout ce qu’elle a fait pour nous, certes, mais aussi et surtout pour tous les participantes et participants afin que ce qui aurait pu être un enfer se transforme en paradis !

Une preuve en chiffres, nous attendions tous un nombre record d’abandons en regard de la difficulté de cols proposés, au final sur 12993 cyclistes qui ont pris le départ, 12158 ont été les heureux « finishers » de l’épreuve. Bravo !

 

 

 

 

D’un point de vue purement sportif, puisque c’est aussi une affaire de sport, mon objectif personnel était triple, être parmi ces « finishers » (mon expérience de 2017 et ma forme du moment rajoutaient à ma modestie), prendre beaucoup de temps pour m’arrêter, partager avec les bénévoles (voire avec les amis comme ceux rencontrés au col des Fleuries avec l’équipe de DVélos qui a ouvert son ravitaillement privé aux membres du team Green Cycling, avec massage en prime, d’où les 30 minutes où j’y suis resté, merci à Aurore la kiné et merci à eux), et observer en quoi les efforts des organisateurs pouvaient être couronnés de succès.

Souligner également les performances exceptionnelles réalisées par bon nombre de participants sur ce parcours jugé très difficile, en particulier le trio de tête le jeune Savoyard Victor Lafay, futur Pro de Cofidis, qui s’imposait à domicile, le Colombien Oscar Tovar Rivera prenant la seconde place devant Cedrick Dubois, Cyclosportif authentique!

Edwige Pitel remportait quand à elle le classement féminin

 

 

 

 

 

 

Les points positifs sont nombreux sur ce plan. D’abord sur le site Internet de « l’étape du tour », les précisions apportées sur le sujet étaient claires et précises, avec le mot « disqualification » des cyclistes pris en flagrant délit de rejet de déchet dans la nature écrit « en noir sur blanc ». La pochette à fixer temporairement sur son vélo afin d’y mettre ses déchets offerte à chaque participant ne laissait plus d’excuse, et toutes les recommandations et les panneaux qui rappelaient le message sur le parcours ne pouvaient pas laisser indifférents. Enfin l’accueil que nous avons eu sur le podium dans le village départ lors de deux moments forts, à12h45 et à 18h30 le samedi, nous a permis d’encore mieux faire passer le message ; merci à Philippe qui au micro nous a permis de trouver les mots justes.

Tous ces messages étaient diffusés en français et en anglais, j’imagine que tous les cyclistes comprenaient au moins une de ces deux langues.

A côté de cela, tout un dispositif a été mis en place par l’organisation, des toilettes sèches disposées sur le village départ, au tri bio-sélectif effectué sur chaque ravitaillement en passant par les patrouilles de nettoyage qui suivaient en plusieurs vagues les cyclistes tout au long du parcours… Difficile de faire mieux !

 

Mais qu’en fût-il du résultat en matière de rejets de déchets ?

Deux façons de voir les choses, une vision pessimiste et désabusée qui n’a vu que les déchets répartis sur la chaussée, et ce même avant le départ ! Topettes et autres papiers devaient joncher le sol ce cette magnifique ville d’Annecy vers 8h00 du matin, que de travail de ramassage et quelle image donnée ! Ce fût aussi le cas autour de certains ravitaillements, celui du col des Glières a marqué les esprits. Les cyclistes semblent confondre alors asphalte et sac poubelle, encore du travail pour les organisateurs. Une photo aérienne aurait alors été un peu dramatique dans ce lieu de résistance. Sur le reste du parcours, pour être trivial je dirais « c’était moins pire ».

 

 

 

 

 

Mais si je veux garder une vision optimiste, plus dans ma nature, je mettrais en évidence ce que j’ai constaté. D’abord je ne fus pas le seul à le faire car mes amis du col des Fleuries ont été surpris de voir de nombreux cyclistes s’arrêter juste pour vider leurs poches et remplir leurs sacs poubelles. Ensuite j’ai remarqué qu’il y avait moins de déchets éparpillés sur les bords des routes, ceux que j’ai vus, encore bien trop nombreux, étaient le plus souvent au milieu de la chaussée. Enfin, ce que je pense considérer comme un point positif : j’ai constaté qu’il y avait de nombreux petits bouchons blancs sur les routes, mais pas les topettes correspondantes. Ce qui veut dire : le cycliste ouvre avec sa bouche la petite fiole, crache le bouchon, avale le gel, et remet la topette dans sa poche ! Bravo, même si parfois tous ces bouchons pouvaient faire penser à une averse de grêle (en particulier sur la route du col des Glières), sauf que dans ce cas, les bouchons ne fondront pas ! Encore un petit effort !

Un bilan à première vue globalement positif, le seul cycliste que j’ai vu rejeter un déchet était trop loin de moi (et trop rapide) pour que je puisse relever son numéro, mais un seul pris en flagrant délit parmi tous ceux que j’ai côtoyés ; il y a du mieux à mon avis.

Ne reste plus qu’à partager cet avis avec ceux des autres cyclistes, organisateurs, riverains afin de pourvoir dresser un bilan plus complet, et de permettre une édition 2019 encore plus « éco-responsable ».

 

 

 

 

Je ne finirai pas ce commentaire sans évoquer une nouveauté pour nous, l’arrivée à nos côtés de deux cyclistes de l’équipe Green Cycling Norway. J’ai pu échanger avec eux, les accompagner 4 jours durant. Un rapprochement à concrétiser dans les mois à venir. Avec une mention spéciale pour Ole Jakob Haugen, le plus rapide de nos deux amis qui termine à la 205 ème place en 6h04 en étant parti dans le milieu du peloton. Eco-responsable mais sportif, comme quoi on peut être les deux !

 

P.F

Vincent Hurstel

Photos VH/ ASO

Rights reserved