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Certes, on peut toujours considérer que le Plateau de Beille, avec son altitude de 1800 mètres, n’est pas une montagne insurmontable, toutefois les plus grands champions cyclistes s’y sont retrouvés pour des arrivées épiques, en particulier à l’occasion du Tour de France depuis les années 2000 et l’Ariégeoise, Cyclosportive des Pyrénées Orientales, y fait son site d’arrivée tous les 2 ans, pour le plus grand plaisir des Cyclos grimpeurs, mais aussi d’un public montagnard toujours fan des efforts des cyclistes sur son territoire.

 

Puis effectivement cette montée de Beille de la 20ème édition de l’Ariégeoise a été rendue particulièrement difficile, du fait d’une chaleur intense tout au long de la matinée et sur les pentes orientées plein sud, où le soleil ne faisait pas de quartier (34° en vallée et 23 ° au sommet), alors le spectacle était garanti et il a bien eu lieu !…

 

Ainsi, une grande majorité de finishers de cette Ariégeoise 2014, que ce soit à l’arrivée de l’Ariégeoise (161 kms, 3800 m de dénivelé) ou de la Mountagnole (117 kms, 2400 m de dénivelé), ont trouvé cette montée du Plateau de Beille interminable, voire totalement inhumaine….

 

C’est bien là tout le charme et l’intensité du Cyclosport, sport d’endurance pour tous, où la volonté et le goût de l’effort sont les compléments indispensables à une bonne forme physique. Dans ce contexte l’Ariégeoise a parfaitement mesuré l’enjeu proposé aux pratiquants et la manière de mettre en scène ses deux parcours hors normes qui ont séduit près de 4600 Cyclos enthousiastes, venus de tous horizons (16 nationalités représentées) et de tous niveaux de pratique.

Sur le plan sportif et paysager, cette Ariégeoise 2014 fut une totale réussite, avec une organisation sans failles, disposant d’une sécurité optimale et du concours de 700 bénévoles totalement motivés, bravo à Jean Claude Eychenne et à ses équipes, cette vingtième édition renforce le positionnement de l’Ariégeoise comme la cinquième épreuve de l’Hexagone, l’une des plus prisées du continent Européen.

 

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Puis quel spectacle, ce rassemblement de milliers de cyclistes au sommet de Beille, un Parc à vélos archi comble, une file interminable (une nouvelle fois…) mais pour se rendre au casse croûte réparateur, toujours en plein soleil, mais avec la fraîcheur de l’altitude !…

 

– Les résultats de l’Ariégeoise et de la Mountagnole 2014:
– Classement et points TLO à venir…

 

Toutefois, nous devons également faire le point sur les véritables nuisances écologiques, dues à l’irrespect total d’un certain nombre de concurrents qui n’hésitent toujours pas à se débarrasser de leurs emballages et autres déchets en plein coeur du milieu naturel, avec une totale désinvolture et sans aucun remords.

 

La Patrouille Eco Cyclo, présente sur les deux parcours a une nouvelle fois constaté la nature et l’ampleur de ces nuisances, dues en grande partie aux tubes (maintenant multicolores) et indestructibles, dits de « gel énergétique » dont le pouvoir est sans aucun doute très limité au regard de l’impact nuisible qu’ils procurent à l’environnement.

 

Nous avions il y a quelques mois, tenté d’approcher les fabricants et distributeurs de ces nouveaux produits miracle à l’occasion de salons spécialisés, leur posant à tous la même question, soit :

 

– Seriez vous disposés, à l’instar de marquages que l’on trouve sur les paquets de cigarettes, de mentionner de manière très lisible sur vos emballages « Ne pas jeter dans le milieu naturel »?

 

Il s’avère que nous avons été véritablement éconduits, notamment par les distributeurs Français, les Anglo-Saxons nous ayant semblé être plus sensibles à notre démarche… Considérant le marketing exacerbé qui s’est emparé de ces gammes de nouveaux produits, nous en sommes encore au point zéro dans cette quête d’essayer de limiter cette course à l’armement des gels énergétiques.

 

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Soit et en conclusion, puisqu’il nous est impossible de ralentir la frénésie qui s’est emparée du peloton international des Cyclos pour ces produits, considérant qu’il y aura toujours des pollueurs et/ou des cyclistes irresponsables, nous allons peut être envisager de lancer publiquement un boycott des tubes de gel, (du moins pour les marques qui ne seraient pas réceptives à nos requêtes…), comme une mesure conservatoire qui sera probablement très longue à mettre en place et dont la réussite ne sera surement pas immédiate, mais un mouvement qui aura le mérite d’exister et que l’on ne pourra pas nous reprocher d’avoir initié, compte tenu de ce qui précède !

 

Nous poursuivons notre route!…

 

Patrick François