Le Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines, Pôle Olympique de la Fédération Française de Cyclisme, a reçu ce matin, à l’invitation du nouveau Président de la FFC, Michel Callot, la visite, pour une matinée de travail et de réflexion, les grands noms et « témoins » du sprint français : les champions Nathalie Even-Lancien, Magali Humbert-Perret, Florian Rousseau, Arnaud Tournant, Yahvé Cahard, Gérard Quintyn, l’un des entraîneurs nationaux qui a fait la grandeur de notre Nation dans cette discipline, mais aussi l’ancien DTN, Patrick Cluzaud, Christian Fenioux, sponsor historique de la piste, et l’ancien journaliste du journal l’Équipe Philippe Bouvet.

 

Cette table ronde a été organisée afin de réfléchir et redynamiser l’activité sprint qui a été le fleuron de cette discipline Olympique au sein de la FFC depuis 1996 et les Jeux d’Atlanta et ce, jusqu’à ceux de Londres en 2012.

 

 

 

« Nous sommes partis d’une phase de constat, a indiqué Michel Callot, lors d’un point de presse organisé, au Vélodrome National de Saint Quentin-en-Yvelines.

Viendra ensuite le temps de la concertation, puis débutera celui de l’analyse. Les décisions viendront par la suite ».

Mais d’ores et déjà, quatre grands axes de réflexions, d’orientations sont ressortis de cette table ronde avec les acteurs majeurs du sprint national.

 

 

 

Le respect des valeurs

« Cela a été dit de manière très forte : pour qu’une discipline comme le sprint puisse performer, nos collectifs doivent réellement former une équipe, a introduit Michel Callot. Il doit exister une écoute réciproque entre toutes et tous. Le socle collectif doit être fort. Et le mot clé est « respect ». Un champ de valeurs doit-être investi fortement avec nos athlètes, notre encadrement afin que ce groupe sprint puisse être en mesure de fonctionner, de performer. »

 

Conditions globales de réussite du collectif

« Cela suppose de créer une réelle dynamique de groupe. C’est toute l’entité sprint FFC qui doit avancer, et cela implique que les liens entre les différentes générations d’athlètes, qui se croisent au sein des collectifs Équipes de France,  puissent amener les jeunes à progresser, les diriger graduellement vers le très haut-niveau. La confiance entraîneur-coureur est également un point déterminant de la performance, tout comme nos coureurs doivent avoir une confiance pleine et entière dans les moyens humains et matériels qui sont mis à leur disposition par la Fédération Française de Cyclisme. C’est également toute l’entité sprint France qui doit porter une ambition. Tous ensemble, ils doivent la cultiver, avoir en eux cette envie de gagner, d’aller chercher la victoire, notamment lors des plus grands événements. Notre responsabilité de dirigeants est d’ancrer cette culture du succès encore plus largement au sein de notre fédération. »

 

Le système de détection

«Les conditions structurelles nous ont amené à faire des constats sur l’état de la piste en France avec un système de détection au cœur de nos régions qui s’est sans doute un peu affaibli. Notre environnement bouge et les recettes d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui, mais toujours est-il que le constat est bien présent : notre système de détection s’est affaibli au cœur de nos comités régionaux. Nous devons avoir de fait un rôle plus prospectif afin de détecter ceux qui seront les talents de demain. Cela sous-entend également, et j’ai été particulièrement attentif à cela ce matin, que notre système de formation, d’expérience acquise au plus haut-niveau, doit se remettre en route de façon plus organisée, en étant davantage structuré. Je souhaite que la FFC passe d’une culture de transmission orale à écrite, y compris numérisée. Nous avons aussi évoqué le calendrier au sein de cet axe, et notamment celui des compétitions nationales. Il doit à la fois leur donner le moyen de s’exprimer, et en retour nos athlètes doivent jouer le jeu par rapport à ces épreuves. Les Championnats de France ou autres compétitions nationales sur piste se doivent d’être de réelles confrontations, et c’est aussi important pour les coureurs, qu’ils s’alimentent à ce moment-là de cette forme d’affrontement, laquelle doit-être le préalable à des sélections qui dirigent nos coureurs vers l’échelon international. »

 

Les orientations pratiques

« Ce quatrième axe est le plus compliqué à mettre en place. J’ai conscience qu’il va falloir le mettre en œuvre le plus rapidement possible. J’ai retenu ce conseil : notre organisation et la gestion du sprint français doivent être construites. C’est une somme de détails. Ils sont nombreux lorsque l’on est à l’écoute des experts. Nous nous devons de privilégier toujours, tout en le renforçant sans cesse, le lien entre athlètes et entraîneurs. Il a été dit et redit que les entraîneurs doivent être dans des conditions qui favorisent leur disponibilité vis-à-vis des compétiteurs. On a parlé d’un rôle qui dépasse le cadre d’un travail et que ce métier est avant tout une passion. Le mot « famille » a été cité également à l’intérieur d’une cellule performance pour le sprint. Cet état d’esprit, on peut l’invoquer, le souhaiter mais il ne se mettra en place que si l’on règle un certain nombre de détails pratiques. Il faut lever les freins conscients ou inconscients, aujourd’hui bien présents dans nos collectifs. Notre système se doit également d’être lisible, en externe comme en interne. Les conditions du projet sportif, en capacité de conduire nos coureurs à préparer les échéances suprêmes, doivent être parfaitement comprises, intégrées par chacun d’entre eux. Nous pouvons également supposer, pour se faire, d’aller vers des phases un peu plus contractualisées avec nos coureurs. »

 

 

France Cyclisme

 

Crédit photos : Patrick PICHON – FFC