Christophe Manin - DTN

Christophe Manin – DTN

Le rôle de la DTN

 

« Nous travaillons en suivant les priorités ministérielles tout en les accordant avec le projet fédéral. Et deux dossiers se croisent avec le cyclisme féminin : la promotion du sport pour tous, et le sport de haut-niveau. Nous avons de nombreuses idées pour le premier volet, en ce qui concerne le sport du haut-niveau et la très haute performance il y a en perspective les Jeux Olympiques de Tokyo, Paris 2024, les Championnats du Monde, d’Europe et les manches de Coupes du Monde. Nos ambitions sont élevées pour 2024, avec un total de 80 médailles pour la France, et nous, FFC, nous nous sommes proposés d’aller en chercher une dizaine, et six à Tokyo »

 

Des médaillées filles

 

« La FFC ne peut pas accéder à toutes ces médailles uniquement avec des athlètes garçons, et la proportion de celles qui seront gagnées par les licenciées femmes sera sans nul doute supérieure à 10%, je compte bien là-dessus. Nous disposons en effet de potentiels filles très forts au sein de nos collectifs, Mathilde Gros sur la piste, Axelle Étienne en BMX. J’ai aussi repéré Juliette Labous en contre-la-montre, noté le retour au plus haut-niveau de Pauline Ferrand-Prévot. Nous possédons aussi des athlètes qui commencent à performer en piste endurance. Nous avons vraiment de nombreuses Championnes à la FFC, mais derrière ce qui nous fait défaut c’est la densité. Si une championne ne performe pas personne actuellement n’est en mesure de la suppléer. Nous avons besoin de plus de densité en vue de Paris 2024, et notre mission est de travailler dans cette voie».

 

 

 

 

Comment augmenter la densité ?

 

« Il faut tout simplement développer la pratique. Se poser des questions telles que : quelles offres à proposer pour développer celles-ci, comment éviter les stéréotypes, casser les ancrages culturels… Comment aussi accompagner nos structures ? On doit aussi remettre en cause notre modèle. On fonctionne en produisant des choses qui ne donnent pas satisfaction depuis un moment, il faut donc en sortir et essayer des méthodes nouvelles. Il serait sage aussi de s’inspirer ce qui marche dans les autres nations, aller voir dans les autres fédérations qui ne sont pas uniquement cyclistes afin de prendre les bonnes idées en faveur du développement du sport féminin.

 

La formation

 

« On doit former des éducateurs, pas uniquement en direction des femmes, mais ajouter des contenus en direction de tous les éducateurs pour la formation des cyclistes féminines, car tout le monde peut se retrouver dans nos clubs à former des femmes cyclistes. On doit accompagner et offrir des formations plus spécifiques aux clubs et éducateurs qui veulent former, accompagner des filles vers le haut-niveau. L’aspect compétition est également primordial, elles doivent-être adaptées aux filles, leur offrir une certaine proximité, la mixité à un certain niveau. Augmenter le nombre de compétitions UCI à domicile afin que nos filles puissent marquer davantage de points UCI à domicile, et accueillir des concurrentes étrangères sur notre territoire dans le but de faire monter le niveau de nos compétitrices. Il y a aussi l’acquisition des fondamentaux ce qui se fait dès les écoles françaises de cyclisme ».

 

Le PPF

 

« Donne la stratégie sportive de la DTN jusqu’en 2024, cela comprend l’accession vers le haut-niveau. Le premier enjeu est de détecter les athlètes, et ensuite de les rassembler via des regroupements comités départementaux, régionaux, pôles. Le programme du PPF d’accession au haut-niveau c’est d’apprendre à rouler vite, partir sur les buttes de 8 mètres en BMX, engagement technique en VTT, pratique de la piste, cyclo-cross, travailler le contre-la-montre. La préparation physique est importante et il faut que nos filles acquièrent un physique, et travaillent aussi leurs aptitudes mentales. Le 2e niveau du PPF est le programme d’excellence en catégorie relève avec les juniors et Espoirs. L’objectif est la performance. La charge d’entraînement doit augmenter. Le rôle de la FFC est important avec des aides financières et personnelles. La FFC dispose aussi de pôles VTT à Besançon, BMX à Bourges tandis celui d’endurance va évoluer vers un pôle France femmes piste et contre-la-montre et route. Le dernier niveau est le programme d’excellence Olympique, là c’est être capable de rouler vite le jour « J ». On travaille également sur les critères de sélection, sur la valorisation des sportifs, leur suivi socio-professionnel et il est à accentuer sur les filles. La médiatisation et la communication sont primordiales afin de donner de l’exposition au cyclisme féminin ».

 

Une « sélectionneure » élite femmes

« Un poste de « sélectionneure » élite femmes va être créé au sein de la FFC, et nous allons lancer un appel à candidature ».

 

Le très haut niveau permet de boucler la boucle

 

« Le jour où nous disposerons plus en plus de filles qui vont performer à haut-niveau, cet élan de résultats qui à mon sens va amorcer la pompe et amener davantage de médiatisation autour du cyclisme féminin. Il faut bien évidemment nourrir des actions de développement envers les personnes qui souhaitent pratiquer le sport pour tous, du cyclisme loisir, et de nombreuses idées en ce sens ont été mises jour durant ces états généraux du cyclisme féminin. Le cyclisme féminin décollera quand il y aura des actions fortes, des événements charismatiques qui attireront les jeunes filles, et pour cela il faut qu’elles regardent les exploits de leurs aînés, de championnes à la télé, puissent en avoir connaissance dans les journaux, sur les sites internet de cyclisme. Les Championnes sont des influenceuses, et une fois cette étape validée. Les petites filles se diront j’ai envie de faire comme elles, et demanderont à leurs parents « achetez-moi un vélo, un casque, prenez-moi une licence à la FFC, car je veux pratiquer, faire comme ses filles ». »

 

Hervé Bombrun