Sélectionneur National des Pros – Cyrille Guimard

Sélectionneur National des Pros – Cyrille Guimard

Nommé Sélectionneur de l’Équipe de France pour les Championnats d’Europe route pro, du Monde et des Jeux Olympiques, Cyrille Guimard a exposé ce matin, sa méthode.

Comment il comptait diriger l’équipe de France professionnelle sur les grandes épreuves internationales. « L’équipe de France doit-être un groupe qui va au combat pour gagner un match », a d’ailleurs lancé en préambule, Marc Madiot, le président de la Ligue National Professionnelle.

Les coureurs vont avoir des comptes à rendre, et les patrons d’équipes seront davantage responsabilisés dans la préparation de leurs coureurs. Mais on a besoin de cela, c’est le bon moment pour le faire afin de franchir une étape supplémentaire au niveau international Si ça ne marche pas, on en tirera vite les conséquences, et on dira au-revoir, et bonne chance au suivant.

On est tous d’accord. Le but du jeu est simple. »

 

 

Comment allez-vous, Cyrille diriger l’équipe de France professionnelle ?

Cyrille Guimard :  Quand j’ai vu les critères demandés pour occuper le poste, j’ai pris la décision d’envoyer ma demande afin de faire acte de candidature pour le poste de Sélectionneur National des professionnels.

J’ai déposé mon dossier juste avant la date de clôture, avec ma lettre de motivation. J’ai rédigé un projet expliquant ma vision du poste et la façon dont je voyais les choses. Finalement, la décision a été pris de me choisir comme sélectionneur de l’équipe de France, et tous trois, Michel Callot, Marc Madiot et moi-même, étions d’accord sur le sujet afin de trouver une personne vers laquelle je pourrais transmettre mon expérience. C’est quelque chose qui me convient parfaitement, je suis dans mon élément puisque j’ai fait cela durant toute ma carrière cycliste. C’est toujours d’actualité, je ne sais pas combien d’année je vais faire d’ailleurs comme Sélectionneur de l’Équipe de France des pros.

 

Comment allez-vous diriger l’équipe de France, choisir les coureurs qui vont la représenter lors des grands événements internationaux sous le maillot de l’équipe de France ?

 

CG : Avec Christophe Manin, le nouveau DTN, hier matin, nous sommes allés à la rencontre de l’ensemble des managers d’équipe afin de leur expliquer notre manière de travailler, notre philosophie. Tout le monde a été d’accord avec notre méthode, et est prêt à travailler pour l’équipe de France afin qu’elle soit performante, mais aussi pour que l’état d’esprit au sein de ce collectif soit au niveau de ce que sont les enjeux lorsqu’on porte le maillot national. Quand on le porte on a des devoirs, pas de droits. On a le devoir d’arriver à 100%, le devoir d’avoir un comportement exemplaire. Il en va de l’image du cyclisme. Les coureurs ont également le devoir de bien représenter leur fédération, de bien représenter aussi la France et les Français. En équipe de France, on est dans une opération commando afin d’essayer d’aller chercher la victoire ! C’est ce que j’ai expliqué hier.

 

Concrètement comment allez-vous travailler avec les équipes ?

 

CG : Je n’ai jamais eu l’habitude de travailler seul, je souhaite que les Groupes Sportifs travaillent avec moi. Qu’ils soient au service de l’équipe de France, responsabilisés dans la préparation des coureurs sélectionnés pour porter le maillot de l’équipe de France. Je ne vais pas contacter les coureurs, mais leurs managers directeurs-sportifs, entraîneurs, référents. Je parlerai d’abord aux staffs et ensuite aux coureurs. C’est aux groupes-sportifs de préparer les coureurs. Cette tâche ne revient pas au Sélectionneur National de l’Équipe de France. Les coureurs je ne leur aurais pas trois mois dans l’année, leurs entraînements, programmes de courses ce n’est pas moi qui les fait, mais les entraîneurs, les directeurs-sportifs. Le coureur le jour du Championnat du Monde devra être à 100%, et s’il ne l’est pas, ce ne sera pas ma responsabilité mais celle du groupe. Il est nécessaire que les équipes qui les paient, qui les dirigent toute l’année soient aussi les responsables vis-à-vis de l’équipe de France, de la France et des Français. Tout le monde a adhéré à ma philosophie, hier. Je veux de la cohérence dans tous les domaines.

 

Et quand une équipe peut proposer un grand nombre de coureurs, comment allez-vous opérer vos choix ?

 

CG : Il se peut en effet qu’au sein d’une équipe quatre coureurs soient en forme, aient le profil pour le Championnat du Monde, le Championnat d’Europe ou les Jeux à venir, mais moi je ne peux en prendre que deux ! Comment on fait ? Ce sera à l’équipe de me dire ses deux coureurs les plus aptes à représenter la France. J’aurais cette méthode de la même façon avec les managers d’équipes étrangères qui possèdent dans leurs rangs des coureurs Français. Avec eux ma philosophie sera la même.

 

Et si deux coureurs sont susceptibles d’endosser le rôle de leader en Équipe de France, sans être de la même équipe ?

 

CG : Le sujet a été aussi évoqué, et les réponses données ont été claires et précises. Les équipes seront responsabilisées dans la sélection, et auront des devoirs. Un tel scénario ne peut donc arriver. Quand on est sélectionné en Équipe de France on n’est pas une star. La star c’est l’équipe de France. Et ceci peu importe votre statut en dehors du groupe France. Avoir des stars c’est bon pour nous, on en a besoin, tout comme nous avons besoin de champions. Mais en équipe de France la star c’est le groupe. On peut prendre des coureurs à fort caractère, on en a d’ailleurs besoin, mais ce coureur, son caractère, son charisme, il doit les mettre au service de l’équipe de France. Si cela se passe en équipe de France comme cela s’est passé avec Rui Costa, Valverde et Joaquin Rodriguez, une année, le  gars qui ferait cela, pour moi n’aurait plus sa place au sein du collectif France. C’est une attitude inconcevable. On ne peut prendre que des coureurs qui s’engagent à être parfait dans leurs comportements, leurs agissements. Je n’ai pas d’objectifs de résultats aujourd’hui. Ma première étape c’était que les groupes sportifs adhèrent au projet. Il faut construire des fondations, après je vais rencontrer les responsables de l’UNCP et mon discours vis-à-vis d’eux sera aussi clair. Quand les règles sont fixées en amont, elles se respectent.

 

 

Hervé Bombrun

Crédit photo FFC Patrick Pichon